Dans le cadre des consultations prébudgétaires, la Platform Moris Lanvironnman (PML) préconise, entre autres, l’inclusion dans les estimations budgétaires pour la planification économique du coût des services rendus par les écosystèmes et par les ressources naturelles.
Dans son mémo au ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, la PML (voir encadré) note d’emblée que durant ces 25 dernières années « nous avons été témoins d’une perte accélérée de notre capital naturel sous la forme de la destruction de nos zones humides?; de la perte de nos terres arables au profit des superficies bâties?; de la réduction de nos forêts?; du rétrécissement de nos plages à cause des activités humaines et de l’érosion?;  de la pollution du lagon, de l’érosion du sol menant à la disparition des terres fertiles?; de l’appauvrissement de nos terres à cause de la surutilisation des pesticides et des fertilisants chimiques et par la contamination par d’autres polluants?; de la perte de notre biodiversité marine, côtière, terrestre et aquatique?; de la réduction de la recharge de nos nappes phréatiques dans nos régions de captage de l’eau de pluie due à l’imperméabilisation des sols et des modifications dans l’utilisation des terres, entre autres ». D’autre part, poursuit la PML, la biodiversité a, d’un point de vue économique, de l’intérêt pour deux raisons fondamentales. D’abord, à cause du lien étroit qu’il y a entre les humains, la société et l’environnement naturel. Ensuite, les choix faits par la société ont impacté et continuent d’impacter la biodiversité. « La biodiversité offre un large éventail de marchandises et de services gratuits qui maintiennent la vie », argue-t-elle.
Ainsi, ajoute la PML, « notre santé personnelle, celle de nos économies et de la société humaine dépendent de la fourniture continue de ces services écologiques, qui, quand ils ne sont plus disponibles à cause de la destruction des écosystèmes naturels, coûtent énormément à remplacer par des moyens artificiels ». Et de donner des exemples de ces services gratuits offerts par ces écosystèmes : la fourniture de nourriture et d’eau, le filtrage des polluants par les zones humides, la régulation et la stabilisation climatique, la protection de la vie des catastrophes naturelles et des phénomènes climatiques extrêmes (par exemple, la prévention de l’érosion et des inondations). « Ainsi, plus grande est la biodiversité dont nous jouissons et mieux nous portons-nous. À l’inverse, quand nous perdons un peu de notre biodiversité, nous estimons que nous avons régressé », précise-t-elle.
« Parce que le but de l’économie est de nous permettre de faire des choix avisés pour améliorer le bien-être de la société, et en attendant la publication par Statistics Mauritius d’une liste à jour des indicateurs de la Qualité de la Vie et du Développement durable, après de larges consultations et suivant l’avis des experts, la PML propose au gouvernement d’inclure dans les estimations budgétaires, dans la planification économique et dans la formulation des politiques économiques, le coût des services rendus par les écosystèmes et par les ressources naturelles (c’est-à-dire de la biodiversité et des ressources naturelles), ainsi qu’au niveau de la formulation des projets – à l’étape de l’examen des projets par le Board of Investment ou dans le processus d’un quelconque “fast-tracking mecanism” », plaide la PML.
Cette plateforme préconise également d’incorporer le “full cost of coal” dans le coût de la production d’électricité, arguant que le charbon a des “coûts externes”, comme les coûts pour résorber la pollution causée par l’utilisation du charbon. La promotion des énergies renouvelables, la gestion de la demande et de l’efficacité énergétique, ainsi que l’introduction d’un plan de gestion durable des déchets (à travers un système de tri et la réduction des déchets à la source) sont les autres propositions de la PML. L’institution d’un Environnement Fund où seront versées toutes les taxes environnementales, un aménagement durable du territoire, la création d’une économie verte et des “green-jobs” ainsi que l’introduction d’un salaire minimum social (permettant à une personne de faire face au coût de la vie) sont également proposés.