Le MCB Group a publié à la mi-journée un Pre-Budget Outlook dans le cadre des consultations pour le budget 2015, dont la présentation à l’Assemblée nationale par le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo est annoncée pour la mi-mars. Avec des prévisions de croissance économique de 3,8 % pour 2015, le Chief Strategy Officer du MCB Group, Gilbert Gnany, met l’accent sur l’importance de « clear and far-sighted transformation measures » dans la conjoncture économique. Il identifie quatre objectifs majeurs dans une tentative de relancer l’économie sur de nouvelles bases tout en mettant en garde contre des dérapages au chapitre de l’endettement public. Le front de l’emploi et du chômage ne devrait pas connaître de changements sensibles en 2015 alors que le taux d’inflation pour cette année devrait être de 2 %.
Le MCB Group mise sur le fait que face aux défis qui se posent à l’économie, « there is a pressing need to espouse a concerted set of clear and far-sighted economic transformation measures which will efficaciously equip the country in gratifyingly realising its socio-economic objectives, whilst concomitantly bootstrapping its functioning and performance over time. » A cet effet, la dernière édition de MCB Focus évoque quatre facteurs majeurs soit la promotion d’ »efficient and well-functioning market mechanisms and removing market and price distortions », le renforcement du « public institutional framework » pour atteindre une allocation plus efficiente des ressources tout en réduisant le gaspillage des fonds publics, et le MCB Group saluant l’initiative du gouvernement avec le Public Sector Efficiency Bureau;
un élargissement de l’espace économique avec la diversification plus poussée des marchés d’exportation tout en exploitant de nouvelles opportunités que ce soit au chapitre de la « global value change » ou de l’intégration régionale et la mise en place de nouveaux créneaux et le développement de nouveaux clusters économiques.
Le MCB Group se dit confiant que le pays a le potentiel d’assurer cette transition de secteurs à faible productivité vers d’autres avec un potentiel de croissance de haut niveau. « A key enabler in this respect resides in ensuring the transition to a more value-added ‘learning economy’, driven by innovation and knowledge flows and which stimulates entrepreneurship, organisational effectiveness as well as increased participation rates of women and youth, whilst capitalising on productivity gains and new technologies », soutient le MCB Group, qui prône une ouverture de l’économie au capital étranger, notamment dans le Highly-Skilled Segment.
Les cas de Singapour et de l’Inde sont cités en exemple avec le MCB Group privilégiant la constitution d’un « new policy think-tank». « From a more general perspective, the institutionalisation of a new policy think-tank, of the likes of the National Institution for Transforming India Aayog, which was newly constituted by the Modi Government to replace the Planning Commission, could be contemplated. Such a high-powered and mandated institution would be responsible for spearheading results-oriented economic policy research and strategic planning and coordinating the elaboration of a participative long-term development agenda for the Mauritian economy », note le Chief Strategy Office du MCB Group.
En ce qui concerne le Budget Outlook pour 2015, le MCB Group note que le paysage économique international présente encore des difficultés, notamment les worsening euro zone concerns. Les répercussions de la baisse du cours mondial du pétrole, l’absence de reprise robuste de l’investissement avec la part du secteur privé à son plus bas niveau des dix dernières années, de 14,4 %, et le déséquilibre entre la productivité et la compétitivité sont autant de facteurs à prendre en compte.
Sut le plan sectoriel, le Chief Strategy Officer du MCB Group prévoit que la croissance sera soutenue dans le secteur des services financiers, que le Seafood Hub devra être en mesure de surfer sur des « market access inroads and market diversification endeavours by operators », que la performance dans le secteur touristique devra être encore délicate en raison des effets conjugués de la compétition des autres destinations sur le plan régional et la morosité économique dans la zone euro, et que la construction devra connaître un retournement de situation, même si c’est une faible reprise prévue.
Au chapitre du déficit budgétaire, le MCB Group attire l’attention sur la dette publique, qui a atteint les 56 % du PIB en septembre dernier. « Concomitantly, the public sector debt warrants close attention in view of preliminary estimates showing that the indicator’s share of GDP has, in recent months, pursued an uptrend to stand at 56 % of GDP as at September 2014. This situation warrants our attention to ensure that the target of bringing the debt ratio to 50 % of national income by 2018 as per the Public Debt Management Act is effectively met. Besides boosting the fiscal space required for growth, this will favourably assist the country in respect of the ease and cost of its access to international financial markets » souligne l’analyse de la banque.