Dans le cadre du prochain exercice budgétaire pour 2015, la National Trade Unions Confederation (NTUC) demande « davantage d’emplois décents » et « de programmes sociaux » en vue d’aider les groupes vulnérables dans le pays. Le mouvement syndical met l’accent sur les valeurs de la justice sociale et souligne l’importance d’une redistribution des revenus basée sur des principes d’équité. Elle estime en outre « urgente » la création immédiate d’institutions transparentes et efficaces en vue de l’éradication de la pauvreté. Elle insiste de plus sur un minimum salarial de Rs 15 000 et un National Pay Review Mechanism pour une révision salariale des employés du secteur privé tous les trois ans.
Le président de la NTUC, Toolsiraj Benydin, est catégorique : le combat contre la pauvreté nécessite impérativement l’introduction d’un Decent Work Agenda tel que le recommande le Bureau international du travail. Et ce en vue d’assurer la création d’emplois durables et de résoudre le problème d’emplois occasionnels, « qui gagne du terrain en l’absence d’emploi dans l’économie formelle ». Il importe, souligne-t-il, de réduire l’écart entre les petits et les gros salaires. D’autant que « la tendance de l’augmentation des prix des denrées alimentaires et autres produits affecte le pouvoir d’achat des ménagères, particulièrement celui des familles à bas revenus ».
Si aucune solution n’est trouvée à ce problème, le climat social risque fort de s’aggraver, soutient la NTUC. « Le transport gratuit, l’éducation, la santé et autres protections sociales, telles les logements sociaux, devraient être maintenus. » La NTUC en appelle ainsi au gouvernement pour que priorité soit accordée à la création d’emplois, dont des emplois verts, soit des investissements dans des infrastructures économisant l’énergie et ayant recours aux énergies renouvelables.
Le groupe syndical suggère par ailleurs la création d’une Parastatal Bodies Commission et d’une Private Sector Employment Commission en vue d’assurer un salaire minimum au niveau national, qu’il estime devrait être de Rs 15 000. La NTUC demande aussi, suite à l’annonce du gouvernement d’une National Employment Policy, qu’il y ait aussi une National Pay Policy pour tous employés confondus. Dans ce contexte, « un National Pay Review Mechanism devrait être mis sur pied pour les employés du secteur privé afin qu’ils puissent bénéficier d’une révision salariale tous les trois ans, comme c’est le cas pour la fonction publique avec le PRB Report ».
Le National Pensions Scheme devrait également être revu, selon la NTUC, étant donné que la pension allant aux employés du privé est « insuffisante pour leur permettre de mener une vie décente après leur retraite, particulièrement par rapport aux dépenses médicales ». La NTUC demande que la pension, de même que celle des veuves et autres aides financières sociales soient augmentées de Rs 1 500. « Les subventions mensuelles des anciens combattants devraient également passer de Rs 1 136 à Rs 2 500. »
La NTUC souligne d’autre part que le National Pensions Fund dispose d’un surplus d’environ Rs 9 milliards pour la fin de cette année. « Cet argent provient des contributions des employés et pourrait donc être utilisé comme investissements dans le social notamment. » La NTUC demande ainsi que le NPF soit restructuré en une National Pensions Authority. En tant que telle, elle aurait la responsabilité de « consolider davantage le concept d’État providence » et pourrait accorder des prêts à des taux d’intérêt plus bas que ceux pratiqués dans les banques, « ce qui aiderait beaucoup de familles ».
En vue de davantage d’équité dans le système de taxation, la NTUC propose la réintroduction d’un « emolument relief de 5% » et que le taux uniforme de 15% soit revu pour être un taux progressif de 5% sur les premières Rs 50 000; 10% sur les prochaines Rs 500 000 et Rs 15% sur le reste. S’agissant du seuil de paiement de la taxe, elle propose que la catégorie A soit revue à Rs 350 000; la catégorie B à Rs 475 000; la catégorie C à Rs 600 000; la catégorie D à Rs 675 000; la catégorie E à Rs 475 000 (retraité avec aucun dépendant) et la catégorie F à Rs 600 000 (retraité avec un dépendant).