Dans le cadre des consultations prébudgétaires, Platform Moris Lanvironnman (PML) a transmis au ministère des Finances ses commentaires et propositions. Cette organisation qui milite pour la préservation de l’environnement met en garde contre le risque d’une perte de bien-être et de nos richesses naturelles dans notre quête de faire de Maurice une économie à revenus élevés. La PML plaide par conséquent pour la promotion d’une économie verte « pour renverser la tendance de l’augmentation de la pauvreté et des inégalités tout en accordant à l’écologie la valeur qui lui est due ».
Dans son analyse de la situation actuelle, Platform Moris Lanvironnman (PML) rappelle que le gouvernement prépare le Budget 2015 dans la perspective d’atteindre trois objectifs : faire de Maurice une économie à hauts revenus, faire de notre société une société inclusive et assurer sa pérennité (Sustainability). « Le but déclaré étant de mieux servir la population, assurer son bien-être et améliorer davantage leur qualité de vie », rappelle encore l’ONG.
La PML rappelle également que le gouvernement a aussi adopté en 2013 le projet Maurice Île Durable (MID) comme la vision devant guider le développement national. À ce titre, poursuit l’ONG, un Plan d’action pour la mise en oeuvre d’une Green Economy a été préparé avec la collaboration de l’United Nations Environment Programme (UNEP). Elle précise que, selon la definition de l’UNEP, une Green Economy « results in improved human wellbeing and social equity, while significantly reducing environmental risks and ecological scarcities. In its simplest expression, a green economy can be thought of as one which is low carbon, resource efficient and socially inclusive ». « L’économie verte, c’est aussi des emplois qui garantissent une vie décente », souligne-t-elle.
Poursuivant son constat, la PML affirme que la mise en oeuvre de l’économie verte dans le contexte du passage de Maurice au statut d’économie à hauts revenus pose de sérieux défis. « Si c’est un fait indéniable qu’il y a eu progrès social notamment dans les sphères de la santé, de l’éducation et du logement pendant les 20-25 dernières années, les chiffres officiels démontrent que durant les derniers 10-15 ans la pauvreté a augmenté et l’écart entre les plus riches et les plus pauvres s’est creusé, malgré la croissance du produit intérieur brut », dit-elle.
L’ONG indique par conséquent que la croissance économique seule ne garantit donc pas une réduction des inégalités. « En outre, la question qui nous interpelle est celle-ci : le bien-être peut-il être assuré et la qualité de la vie connaître une amélioration dans une société où les inégalités et la pauvreté augmentent ? »
La PML s’inquiète d’autre part de la perte rapide de nos ressources naturelles (le capital naturel, précise-t-elle) pour assurer la pérennité de la société. Cette perte se mesurant en termes de destruction de marécages, de lessivage de sols fertiles, de contamination de la terre par des pesticides et autres polluants, de perte de biodiversités marine et terrestre, de réduction de la recharge des nappes phréatiques de par l’imperméabilisation des sols, etc. « Outre sa valeur intrinsèque, la biodiversité crée de la valeur grâce aux services écosystémiques, notamment en offrant nourriture et eau ainsi qu’une protection naturelle contre les inondations et les tempêtes et en régulant le climat », fait-elle observer. Elle ajoute que quand nous détruisons les écosystèmes naturels, nous détruisons du même coup des services qui nous sont offerts gratuitement et qui s’avèrent coûteux à remplacer par des moyens artificiels. « En détruisant des écosystèmes naturels, nous détruisons de la valeur nécessaire au bien-être de la société ».
La PML s’alarme qu’une croissance rapide, telle que celle requise pour passer au statut de pays à revenus élevés, pourrait bien par conséquent résulter en une perte de bien-être et de richesse. « L’économie verte telle que définie par l’UNEP est donc une opportunité pour renverser la tendance de l’augmentation de la pauvreté et des inégalités tout en accordant à l’écologie la valeur qui lui est due ».
C’est pour toutes ces raisons que la PML propose une dizaine de mesures (voir encadré) pour d’une part diminuer voire éliminer la fracture sociale, et d’autre part promouvoir la protection de l’environnement.
Le document complet est disponible sur le lien suivant : http://tinyurl.com/ljg2s5f.