La Chinese Business Chamber (CBC) se réjouit des priorités énoncées par le ministre des Finances dans le cadre du Budget 2016-17, notamment la discipline fiscale avec accent sur la croissance économique et le développement, l’amélioration des prestations sociales et la réforme du secteur public.
Le président de la CBC, Lee Meng How Onsong, observe que le budget a pour principal objectif de mettre le pays sur la voie d’une croissance renouvelée, d’une création de plus d’opportunités d’emploi, en particulier pour les jeunes chômeurs, et ce, tout en évitant que Maurice ne tombe dans le piège d’une économie à revenus moyens, à faible croissance et d’une inégalité grandissante. Pour cela, indique la direction de la CBC, le gouvernement a recours à toute une panoplie d’instruments ou d’outils, certains nouveaux, d’autres anciens, pour arriver à ses fins, telles des incitations fiscales pour développer de nouvelles activités et pour encourager celles qui existent déjà.
Économiste et membre de la CBC, Philippe Lam est d’avis que sur la base des indicateurs économiques présentés dans le Budget 2016-17, Maurice « est en train de réaliser une performance honorable », mais ajoute qu’elle peut « mieux faire ». Il note que le taux de croissance économique a été projeté à 3,4 % pour l’année financière se terminant au 30 juin dernier, que le taux de chômage a diminué de 7,6 % au premier trimestre 2016, comparativement à la période correspondante de 2015, que le taux d’inflation est en dessous de 1 % pour 2015-16, que la balance des paiements affichait un surplus avec le déficit des comptes courants reculant à 4,5 % du Produit intérieur brut, que les réserves en devises représentaient l’équivalent de 8,5 mois d’importation et que le déficit budgétaire a été maintenu à 3,5 % du PIB. Tous ces indicateurs, explique Philippe Lam, montrent que « l’état de l’économie nationale est en progression ».
« Cependant, nous ne pouvons dormir sur nos lauriers, car il y a des risques de glissement de notre économie avec la dégradation de l’environnement global, surtout dans nos principaux marchés européens, dont le Royaume-Uni, après le vote des Britanniques pour quitter l’Union européenne », soulignent les dirigeants de la CBC. Se référant aux mesures et projets annoncés dans le discours du Budget 2016-17 pour placer l’économie sur la voie d’une croissance plus élevée, la CBC indique que des activités innovatrices sont envisagées, comme le raffinage et le stockage de produits pétroliers à Albion, des activités à valeur ajoutée plus importante telles le raffinage de l’or, la fabrication de bijoux et le commerce de métaux précieux au niveau d’une nouvelle bourse des matières premières. Mention est également faite de l’impression 3D avec un apport technologique considérable. La Chambre pense que les projets innovateurs créeront plus d’opportunités d’emplois tout en diversifiant la base de l’activité économique dans le pays.
La CBC relève que le nouveau budget marque un retour à un « comprehensive system of tax incentives » qui était utilisé dans les années 60 pour stimuler les activités de substitution à l’importation et ensuite à donner une impulsion au secteur de la zone franche. Ces incitations fiscales avaient permis au pays d’atteindre le plein-emploi dans les années 80. Cette nouvelle approche budgétaire, estime la CBC, « marks a significant departure from the fiscal measures of the past decade when most economic activities were eventually treated on a more or less equal footing with profits being taxable at a flat rate of 15 % ». Ainsi, des exemptions de paiement de l’impôt pour des périodes variables ont été étendues ou réintroduites pour un certain nombre d’activités économiques. Sont concernées : les activités des sociétés de gestion d’actifs ou de fonds, les firmes de légistes opérant dans le secteur du Global Business, les personnes très fortunées qui font des investissements d’au moins USD 25 M.
Le président de la CBC note avec satisfaction ce réaménagement des mesures incitatives pour soutenir l’activité économique et pour promouvoir des opérations à plus forte valeur ajoutée. « Seul le temps nous dira si Maurice réussira à se remettre sur la voie d’une croissance plus importante pour atteindre le statut de pays à revenus élevés tout en assurant un partage équitable des fruits du développement », ajoute Lee Meng How Onsong.