Le leader du Parti travailliste, Navin Ramgoolam, qui a commenté pour la première fois le budget, depuis sa présentation vendredi dernier, l’a qualifié de « sans vision et sans ligne directrice ». Après avoir décortiqué une série de mesures budgétaires qui sont, selon lui, « partielles », il arrive à la conclusion que le budget présenté par Pravind Jugnauth est loin d’inspirer la confiance nécessaire dans l’économie du pays.
Navin Ramgoolam a estimé que le budget ne permettra ni la relance de l’économie ni la création d’emploi, surtout pour les jeunes diplômés. Pour lui, le gouvernement « a perdu du temps » durant les 20 derniers mois. « Il a dirigé le pays en regardant dans un rétroviseur au lieu de regarder vers l’avenir. Les ministres se sont contentés de voyager et le nombre de déplacements effectués s’élève à 154, avec une moyenne per diem de Rs 35 000. » De plus, a-t-il ajouté, le gouvernement est touché par l’instabilité marquée par des désaccords entre les membres du gouvernement comme cela est le cas entre les ministres Roshi Bhadain et Vishnu Lutchmeenaraidoo. « C’est un budget dépourvu de stratégie à court et à long terme », a-t-il soutenu.
Le leader du PTr, qui était entouré des dirigeants de son parti au Square Guy Rozemont, a passé en revue les indicateurs économiques. Il a soutenu qu’aucun des objectifs fixés par l’ancien budget ou par la vision 2030 de sir Anerood Jugnauth n’a été atteint jusqu’ici et note « une détérioration ». C’est le cas pour le secteur manufacturier, dont la part dans le PIB a diminué. Pour lui, il sera impossible de créer le nombre d’emplois annoncé par Pravind Jugnauth, estimant que les statistiques concernant l’emploi à Maurice sont manipulées.
S’agissant de la dette, alors que le ministre des Finances annonce une baisse du taux par rapport au PIB, en termes de chiffre, elle a atteint Rs 23 milliards. Navin Ramgoolam s’est interrogé sur la raison qui a poussé le gouverneur de la Banque centrale à convoquer une réunion du MPC la semaine dernière alors qu’il avait lui-même annoncé que le comité se réunirait après la présentation du budget. Il a, à ce sujet, allégué que c’est à la demande du ministre des Finances que le comité de politique monétaire s’est réuni pour ramener le taux directeur à 4 %. « Ce qui provoque une dépréciation de 10 % de la roupie avec pour conséquence une hausse du coût de la vie au détriment des consommateurs, mais au profit du gros capital ». De plus, soutient-il, l’affaire BAI a ébranlé la confiance dans le gouvernement.
Concernant le métro léger, Navin Ramgoolam a observé que ce projet qui a été rebaptisé Metro Express avait été rejeté par Pravind Jugnauth, qui avait demandé que le ministre indien des Affaires étrangères ne fasse pas le déplacement à Maurice pour l’inaugurer. « Aujourd’hui, il revient avec le projet après l’avoir modifié alors que tout un travail avait déjà été fait par l’ancien gouvernement. De plus, le projet coûtera désormais beaucoup plus cher. »
Pour Navin Ramgoolam, le ministre des Finances a eu la chance de bénéficier d’une baisse sensible des prix des produits pétroliers et du gaz ménager depuis longtemps. Cela lui a permis, avec beaucoup de retard, de baisser les prix du gaz ménager. Concernant le budget social, Navin Ramgoolam a constaté qu’il a augmenté de 1 % seulement. En conclusion, il a affirmé que le Budget 2016-17 est « enn bidze reklam sans aucune vision ».