Le ministre des Finances, Pravind Jugnauth, a révélé hier qu’un des principaux obstacles qu’il aura à surmonter dans le cadre du budget 2016-2017 est la dette publique. « Nous sommes en présence d’un déficit budgétaire de l’ordre de Rs 16 milliards que le ministère des finances et le gouvernement auront à combler à travers des emprunts sur le marché et l’endettement », a-t-il déclaré dans un discours prononcé à l’occasion de la célébration du 10e anniversaire de la MRA à l’hôtel Intercontinental hier après-midi. M. Jugnauth a, par la même occasion, indiqué que le taux d’endettement a atteint le niveau alarmant de 56,4 % du PIB au 30 juin dernier contre 55,6 % l’année dernière.
Pendant l’année financière qui a pris fin le 30 juin dernier, les revenus du gouvernement se sont élevés à Rs 90 milliards et ont été déclinés comme suit : Rs 70 milliards de revenus fiscaux, Rs 8 milliards recueillies par le bureau du Registrar General et Rs 12 milliards de revenus immobiliers, dividendes, charges diverses et dons étrangers qui sont en baisse. Par contre, les dépenses se sont élevées à Rs 106 milliards. « Ce qui laisse un trou budgétaire de Rs 16 milliards qui devrait être comblé », a expliqué le ministre.
« Je suis très conscient que la dette du gouvernement et des organismes du secteur public représente une dette indirecte présente et future pour les contribuables qui auront à porter le poids de son remboursement. Je suis au courant que les dépenses des ministères, départements, des autorités locales et régionales ainsi que d’un grand nombre de corps para-étatiques sont effectuées à partir de l’argent des contribuables. Le défi auquel nous sommes confrontés est l’arbitrage pour l’allocation des ressources pour l’investissement dans les infrastructures publiques tout en répondant aux besoins des plus pauvres et des groupes vulnérables », a dit le ministre des Finances. Il a insisté sur l’importance de s’assurer que la population obtienne « value for public money spent or invested ». « C’est la raison pour laquelle une série d’initiatives seront prises dans le but de moderniser le système de gestion des affaires publiques en consolidant l’accountability, la transparence et la discipline fiscale ».
Pravind Jugnauth a expliqué qu’en matière de facilitation des affaires, son objectif est que Maurice passe de la 13e place sur 189 pays pour atteindre le groupe des dix premiers pays dans le cadre du World Bank Doing Business Report. Il a souhaité que la MRA poursuive ses efforts en vue d’amener les contribuables à remplir leurs obligations et à changer leur attitude par rapport à la taxation à travers l’éducation et la communication. Au niveau des services douaniers, il considère que ces derniers disposent de suffisamment de ressources pour combattre la fraude, le trafic de drogue et l’évasion fiscale. « Je m’attends à ce qu’il y ait une proche coopération entre les services des douanes, la police et les pêcheries afin de prévenir l’entrée de la drogue dans le pays. Je m’attends à ce que la MRA apporte des revenus au gouvernement tout en respectant les droits des contribuables », a dit le ministre des Finances avant de citer Margaret Thatcher qui avait affirmé que « The government has no money of their own. There is only Taxpayers money ».
Le ministre avait auparavant félicité la MRA et son directeur général pour le travail abattu durant les dix dernières années.
Le directeur général de la MRA, Sudhamo Lal, s’est longuement appesanti sur les efforts faits par la MRA pour augmenter les revenus et combattre la fraude fiscale. Il a attiré l’attention du ministre sur la nécessité que la MRA dispose d’un bâtiment plus spacieux. Plusieurs publications réalisées par les cadres de la MRA ont été lancées hier. En raison d’un problème technique qui avait empêché la diffusion sonore de l’hymne national, à l’initiative du responsable de la communication, Ludovic Thanay, toute l’assistance a entonné en choeur le Motherland. La MRA a également lancé officiellement son hymne qui a été réalisé avec la collaboration du Conservatoire François Mitterrand.