Dans une proposition prébudgétaire soumise à Finance Mauritius, Kwang Poon, natif de China Town et ayant à coeur le patrimoine historique et culturel du pays, partage ses idées pour la revalorisation des quartiers historiques et culturels, à l’instar de China Town. Une éventuelle régénération du vieux quartier chinois apporterait, selon lui, « des retombées positives sur le plan économique, culturel et touristique ». Il plaide pour une préservation du patrimoine faisant aussi de la place au développement économique grâce à une réglementation qui « appellerait les promoteurs à garder ou à inclure certains éléments historiques ou culturels dans leur design ».
Selon Kwang Poon, ils seraient plusieurs propriétaires et promoteurs à nourrir des projets de construction à China Town, et dont la valeur totale est estimée à quelque Rs 2,8 milliards, pour les prochains trois à quatre ans. Ces projets sont susceptibles, selon Kwang Poon, de générer quelques centaines d’emplois dans les magasins, restaurants, bureaux et autres commerces qui viendront s’y implanter.
Toutefois, fait-il voir, quelques éléments constituent un frein à la concrétisation de ces projets. Il cite d’abord la contrainte de la hauteur imposée par la zone tampon de l’Aapravasi Ghat, « qui peut avoir un impact direct sur la profitabilité des projets ». Selon Kwang Poon, cette contrainte a eu pour conséquence que plusieurs espaces se sont convertis en aires de stationnement, et ce « alors que le potentiel et la valeur ajoutée seraient multipliés si ces espaces étaient utilisés par des bâtiments à usage mixte ». S’il se dit conscient « de la nécessité de préserver le patrimoine dans la zone tampon de l’Aapravasi Ghat », Kwang Poon dit estimer que « la préservation du patrimoine et le développement économique peuvent aller main dans la main si une réglementation appelle les promoteurs à garder ou à inclure certains éléments historiques ou culturels dans leur design ».
Kwang Poon attire l’attention sur un autre problème rencontré par les propriétaires et promoteurs au vieux quartier chinois. « Afin d’obtenir un “Building and Land Use Permit”, il est parfois demandé aux promoteurs de reculer leurs constructions d’un certain nombre de mètres de la route. Cette règle est surtout contraignante pour les projets dont la superficie est restreinte. » Il propose ainsi que les autorités concernées observent « une certaine flexibilité, comme cela se fait d’ailleurs dans certains cas ».
Autre proposition faite par Kwang Poon : encourager l’achat des appartements haut de gamme par des étrangers, « tout comme pour les projets IRS/RES, qui donnent un droit de résidence aux acheteurs ». Selon lui, « étant donné son caractère particulier, China Town a le potentiel de pouvoir attirer des particuliers à valeur nette élevée recherchant un certain cadre de vie ». Il est d’avis que l’ouverture des projets à des investisseurs étrangers apportera un plus, tant sur le plan financier que culturel et technique. « Des incitations pour investir dans des projets ayant une dimension historique et culturelle seraient les bienvenues. Il est reconnu que l’investissement direct étranger (IDE) serait le carburant qui pourrait faire démarrer le moteur économique. »
Kwang Poon considère d’autre part qu’il serait « plus judicieux d’encourager les propriétaires de terrains à se regrouper autour d’un projet qui prendrait plus d’ampleur et où l’harmonisation architecturale s’appliquerait dans un ensemble cohérent ». Ce qu’il appelle un « démorcellement » à travers un « trust » ou une société. « Le transfert des biens immobiliers dans la nouvelle entité légale pourrait être sujet à des frais d’inscription et de transfert de propriétés qui pourraient faire tiquer certains. Cette nouvelle entité, gérée par des professionnels, deviendra le propriétaire d’un terrain élargi dans l’espace urbain et chaque propriétaire ou investisseur détiendra des actions en proportion avec son apport au projet. Afin d’encourager les propriétaires dans cette voie, tout en tenant à coeur leurs intérêts, il serait peut-être utile de venir avec une loi ou une réglementation pour protéger les petits propriétaires et les encourager à travers des avantages fiscaux et une procédure allégée et claire pour favoriser le regroupement des biens immobiliers. »
Kwang Poon poursuit : « Si les gens reviennent vivre, travailler et se détendre dans Chinatown, cela encouragerait l’ouverture des commerces annexes, comme des épiceries, des écoles et des pharmacies, pour desservir ce marché. Nous attendons donc avec impatience la mise en application de l’Urban Regeneration Scheme et les résultats des travaux du consultant sur la zone tampon de l’Aapravasi Ghat. » Selon lui, « le renouvellement de China Town a le potentiel de redessiner le “skyline” de Port Louis sans perdre de vue son cachet historique et culturel ». Il termine : « Les projets immobiliers d’envergure contribueront au développement économique et à la création d’emplois. Chinatown deviendra un passage obligé pour les Mauriciens friands de cuisine chinoise et les touristes en quête d’exotisme et d’authenticité. »