La Mauritius Tax Payers Association (MTPA) trouve qu’il y a plus d’éléments de satisfaction que de mécontentement dans le budget 2017-2018. Interrogé ce matin par Le Mauricien, Chandra Rungasawmi dit accueillir favorablement le relèvement des exemptions accordées aux contribuables individuels, l’introduction du « Solidarity Levy » et de la « Negative Income Tax ».
Dans un commentaire d’ordre général du budget 2017-2018, Chandra Rungasawmi a observé que celui-ci démontre qu’il y a un plan à court, moyen et long termes et que les idées émises par le Premier ministre et ministre des Finances en matière de planification du développement économique sont bien reçues. Le président de la MTPA se réjouit également de l’accent mis sur l’éducation et la recherche, le développement des énergies renouvelables, de l’infrastructure et la relance du moteur économique.
Pour ce qui est des mesures qui auront un impact immédiat, en particulier celles touchant la fiscalité, l’association des contribuables note que la décision de relever les seuils d’exemption pour les personnes à charge (dependents) intervient après dix ans. Le Grand argentier, indique Chandra Rungasawmi, a augmenté de Rs 10 000 (de Rs 465 000 à Rs 475 000) le montant d’exemption pour un contribuable ayant deux enfants à charge alors que dans le cas d’un troisième enfant, l’exemption passe à Rs 15 000 (de Rs 505 000 à Rs 520 000). La MTPA avait fait ressortir dans son memorandum prébudgétaire que les barèmes d’exemption (Income Exemption Thresholds) avaient augmenté de 21 % en moyenne sur la période 2007 à 2016 alors que l’inflation cumulée sur cette même période (selon Statistics Mauritius) représentait 41 %. « This has resulted in draining more money from the tax payer », avait commenté l’association.
La MTPA se dit favorable à l’augmentation des barèmes d’exemption même si sa proposition initiale en faveur d’une hausse de 10 % n’a pas été retenue. L’association regrette, par ailleurs, que le Premier ministre et ministre des Finances n’ait pas accédé à sa requête pour que les parents puissent « se partager » les exemptions pour les enfants à charge. Elle rappelle que cette pratique a cours dans d’autres pays dont Singapour et que si les autorités mauriciennes acceptaient la proposition de l’association, les familles mauriciennes en auraient grandement bénéficié.
La MTPA se prononce en faveur de l’introduction d’un « Solidarity Levy », soit un prélèvement de 5 % sur tout montant imposable supérieur à Rs 3,5 millions. « Nous avons demandé au gouvernement d’abandonner le « flat rate » de 15 % comme taux d’imposition et d’instaurer un taux progressif variant de 5 % à 17 % selon le même système en vigueur à Singapour », a déclaré Chandra Rungasawmi. « Nous sommes pour le Solidarity Levy et nous demandons aux contribuables touchant plus de Rs 3,5 millions de faire un effort », a-t-il ajouté.
La MTPA pense que la Negative Income Tax est un « pas positif » et qu’elle constitue une forme de « subvention » aux salariés au bas de l’échelle. Cependant, l’association se pose la question de savoir si l’introduction d’une telle mesure traduit l’incapacité du gouvernement à instaurer un minimum vital.
Dans le même ordre d’idées, l’association se demande si l’introduction d’une taxe résidentielle sur les maisons luxueuses se trouvant hors des villes est difficile à envisager pour l’avenir.