Le Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, qui avait à ses côtés les ministres Etienne Sinatambou et Fazila Daureeawoo, a donné le coup d’envoi des consultations pré-budgétaires pour l’exercice 2017/18. La première rencontre s’est tenue avec des représentants des organisations non-gouvernementales et des associations féminines. Dans l’après-midi, il avait rendez-vous avec les syndicalistes, dotés de revendications plus coriaces, en vue de protéger le pouvoir d’achat et les acquis des salariés. Jeudi matin, les discussions avec les opérateurs du secteur privé, réunis au sein de Business Mauritius, devront être axées sur les principales équations en vue de relancer l’économie, la clôture de cette étape étant prévue pour vendredi avec des dirigeants des associations de consommateurs et de jeunesse.
À la fin de la semaine écoulée, la cellule du budget au ministère des Finances était déjà en présence de toute une série de propositions pour le prochain exercice budgétaire venant de différents stakeholders. Ainsi, Business Mauritius, organisation regroupant les opérateurs du secteur privé, s’est déclaré en faveur du principe de l’introduction d’un salaire minimal. Le patronat accueille favorablement la décision du gouvernement au sujet de la National Minimum Wage Council. Toutefois, Business Mauritius attire l’attention sur le double emploi que pourraient représenter les recommandations salariales avec la publication des Remuneration Orders.
Par ailleurs, les capitaines de l’industrie, conscients de la mauvaise passe avec la baisse des exportations ces derniers temps, préconisent des mesures fiscales pour doper cette performance et relancer les exportations manufacturières. « With a view to integrating the DOE, the SME in the exports supply chain, Business Mauritius would like to support the proposal that all manufacturing exporters pay a 5% corporate tax on the share of their exports.  Given the present export manufacturing landscape in the country, it is felt that short term revenue loss which is fairly low would be compensated by an increase in exports in the medium term », préconise le secteur privé par rapport aux exportations.
Deux autres problèmes d’envergure évoqués par le secteur privé dans le Budget Memorandum au gouvernement sur la dette publique et le vieillissement de la population. « On the fiscal front, public sector debt for the purpose of debt ceiling improved slightly from the preceding year, standing at 55.3% of GDP as at December 2016, with a corresponding rate of 64.4% attained as per the international definition. With regard to the latter, it is worth noting that the debt of state-owned enterprises (SOEs) represents about 4% of GDP. In the 2016/2017 budget, Government embarked on an exercise to rationalise a wide range of SOEs and Business Mauritius would encourage an acceleration of this rationalisation exercise », note Business Mauritius, qui prend position également en faveur de la décision de repousser le paiement de la pension de vieillesse de 60 à 65 ans.
Business Mauritius prône aussi une révision de la politique de la Corporate Social Responsibility. « However, the reduction by 50% of the companies CSR Fund and eventually 75% (announced in the 2016-2017 Budget) will undermine this new eco-system.  Business Mauritius would like to suggest that the mandatory guidelines be introduced and the share of 50% (or 75%) of private CSR fund to be remitted to the NCSF be removed » recommande le patronat.
À l’issue de la première séance de travail, le Premier ministre et ministre des Finances n’a fait aucune déclaration à la presse, des délibérations se déroulant à huis clos.