Selon le leader du Parti travailliste, Navin Ramgoolam, la dette publique a dépassé les 70 % du Produit intérieur brut (PIB) du pays, et « lorsqu’un pays a autant de dettes, il entre dans un debt trap ». « Chaque Mauricien, grand et petit, a une dette de Rs 275 000 sur sa tête », a-t-il estimé, lors d’une conférence de presse hier à Bagatelle, au cours de laquelle il a commenté le budget 2017/2018.
Navin Ramgoolam a rappelé que le gouvernement « MSM-ML-Transfuges » avait dit que la dette publique allait baisser. « Aujourd’hui, la situation économique est pire qu’en 2005. Après ce qui s’était produit entre 2000 et 2005, nous avions passé une loi, le Public Debt Management Act en 2008 pour obliger tout gouvernement à ne pas laisser la dette publique dépasser les 50 % du PIB. Là, j’apprends que Pravind Jugnauth veut amender cette loi parski li pa pou kapav tini sa pwa la », a-t-il déclaré. S’agissant du prêt indien de Rs 18 milliards, il affirme que le pays va rembourser Rs 22,5 milliards. « On réalise qu’il n’y a pas de budget sans l’Inde. Be sak fwa nou fer bidze, l’Inde pou donn nou kas ? »
Situant le contexte dans lequel ce budget a été présenté, Navin Ramgoolam affirme le gouvernement a gaspillé la moitié de son mandat dans des actes de vengeance, de vendetta politique dès le premier jour, au lieu de gouverner le pays. « Chaque semaine a eu son lot de corruption, de népotisme, de scandales, un après l’autre. Il y a un amateurisme incroyable, du jamais vu », a-t-il estimé. Selon lui, la confiance est importante dans un pays, « et personne ne fera confiance dans enn pei ki pa kone kot li pe ale ». « Il n’y a aucune ligne claire en politique étrangère, la diplomatie économique que je favorisais est en miettes. Il est clair qu’il n’y a pas de pilote à bord ».
Dans son analyse du budget, Navin Ramgoolam a relevé que le gouvernement avait annoncé la création de 20 000 à 25 000 emplois chaque année. « Or, il n’en a créé que 300 par an. Il avait annoncé 13 mégaprojets, pas un seul n’a vu le jour ; il avait annoncé la création d’une usine de vélos et de motocyclettes, enn larou zot pa finn fabrike. Kot vilaz farmasetik, petroleum hub, pa naryen, rafineri lor, rien ? »
Poursuivant, le leader du PTr s’est appesanti sur le PIB de 13 500 dollars par tête d’habitant annoncé pour 2018 mais qui est maintenant renvoyé à 2023.
Relevant d’autres lacunes du budget, Navin Ramgoolam a rappelé que le gouvernement ne parle pas des fondamentaux macroéconomiques, ni de création d’emplois, de compétitivité de Maurice, de productivité, ni de l’économie océanique. « En outre, aucun détail sur le métro express, le Brexit, rien, aucune provision kouma pou pey Betamax », a-t-il lancé, avant d’insister : « Il y a une obligation de payer et chaque jour qui passe l’intérêt est en train d’augmenter. Il y aura de graves répercussions sur le pays. Aucune mention des victimes de la BAI. Finn anbet zot ».
Revenant sur l’économie océanique, Navin Ramgoolam soutient que c’est lui qui avait lancé ce projet « pour notre vaste territoire maritime ». Il a, à ce stade, rappelé les propos de Sir Anerood Jugnauth durant la dernière campagne électorale qui avait dit : « Ki pou al fer dan la mer, pou al tir gomon ? » « Après les élections, il dit sa mem fitir pilie de nou lekonomi », a-t-il ajouté.
Pour Navin Ramgoolam, « c’est un budget sans stratégie, sans vision économique, qui n’a aucune visibilité sur l’avenir et qui jette de la poudre aux yeux du peuple. Et qui favorise un petit groupe de personnes qui sont très riches. Pour la population, 10 sous sur un pain maison, Rs 2.70 à Rs 2.60, et une roupie sur un demi-kilo de farine. Des millions et des millions pour le gros capital ».