La Stock Exchange of Mauritius Ltd (SEM) accueille favorablement l’idée ou projet énoncé dans le discours du budget 2017/18 portant sur le développement d’un partenariat avec Euroclear en vue de développer un marché d’obligations de standing international à Maurice. C’est ce que souligne Nishan Aubeeluck, manager de la division de marketing de la SEM, dans une déclaration au Mauricien en réaction aux mesures annoncées dans le budget présenté par le ministre des Finances, Pravind Jugnauth.
« C’est un budget avec de bonnes intentions et qui démontre une volonté de continuer à innover et à se réinventer. Ce budget présente également des fondamentaux macroéconomiques relativement positifs, le ministre tentant de trouver un équilibre entre les mesures sociales et les mesures fiscales. La mise à exécution de ces mesures, plus particulièrement celles visant à faciliter la transformation économique et la croissance, est d’importance capitale pour que le budget puisse avoir un impact favorable sur le pays à l’avenir », estime Nishan Aubeeluck. Ce dernier est d’avis que l’une des mesures les plus importantes et innovatrices du budget 2017/18 concerne le développement de la fintech (activités liant la technologie et les services financiers) à travers la création d’un écosystème dynamique pour des activités basées sur l’innovation. La création d’une Regional Fintech Association, qui tissera des liens avec des réseaux fintech de réputation internationale, est également la bienvenue.
« FinTech implementation is a big challenge indeed but it is the current must around the world, due to its immediate application in the financial services industry which is undergoing a phase of undeniable evolution. Hence, Mauritius needs to be part of this undeniable evolution, else the country may lag behind big time », commente Nishan Aubeeluck. Pour ce dernier, les éléments essentiels à la mise en place d’un véritable écosystème pour la fintech à Maurice sont la demande, le climat d’investissement, le cadre réglementaire et les compétences humaines.
Le responsable de marketing de la Bourse de Maurice relève que la discipline macroéconomique a été soulignée dans le budget, mais soutient qu’il est important de « maintenir cette discipline » afin que les diverses réformes annoncées puissent être concrétisées. « Je note avec satisfaction que la réforme se poursuit concernant la facilitation des affaires avec, pour objectif, d’encourager l’investissement privé. La facilitation des affaires aura des retombées positives sur la croissance à travers une mise en oeuvre plus rapide des projets de développement », fait-il remarquer.    
En ce qui concerne la Bourse de Maurice, Nishan Aubeeluck fait entre autres état de l’annonce concernant la collaboration à développer avec Euroclear en vue de donner une impulsion au marché de la dette et de créer un marché de capitaux qui inciterait des gouvernements et entreprises en Afrique et dans d’autres régions à émettre des obligations en multiples devises. « Euroclear, indique-t-il, est une société de services financiers de classe mondiale qui se spécialise dans le règlement des transactions boursières et la sécurisation des actifs ». Et de préciser : « Euroclear peut définitivement être un atout pour la Bourse de Maurice dans sa démarche d’attirer la cotation et la négociation des produits internationaux sur sa plateforme. »
Nishan Aubeeluck relève également une mesure concernant les sociétés détenant une « Global Business Company 1 Licence » et qui sont cotées sur d’autres marchés. Ces sociétés n’auront pas à publier un prospectus pour leur cotation à Maurice et seules les conditions prévalant sous les SEM Listing Rules seront applicables. Cette mesure, dit-il, « cadre parfaitement avec les réformes initiées par la Bourse de Maurice dans sa stratégie d’internationalisation afin de rendre le cadre réglementaire et opérationnel plus flexible et plus attrayant ». 
Pour ce qui est de la fiscalité, Nishan Aubeeluck estime que le grand argentier « a voulu trouver un équilibre » entre le besoin d’attirer des investissements (notamment en accordant des “tax holidays” et en réduisant à 3% le taux d’imposition des profits à l’exportation des sociétés) et de prévenir l’érosion de la base d’imposition. Un nouveau « solidarity levy » de 5% a été introduit dans le cas des contribuables à hauts revenus. Mais ce « solidarity levy » vient frapper les montants supérieurs à Rs 3,5 millions, incluant les dividendes. « Ce prélèvement spécial représente une double imposition des dividendes », soutient Nishan Aubeeluck.