Lors d’un point de presse, hier, dans le sillage de l’exercice budgétaire 2016-2017, le National Trade Union Congress (NTUC) a regretté qu’« il n’y ait eu aucune recommandation sur les jobs permanents ». Selon Narendranath Gopee et Deepak Benydin, si le YEP fera baisser le taux de chômage, ce sera une baisse « virtuelle étant donné que ce sont des contrats de deux ans ». Sans compter que les jeunes recrutés dans le cadre de ce programme ne sont pas reconnus comme des salariés.
« On parle de “placements” de jeunes », dit Narendranath Gopee, « mais ce ne sont pas des emplois permanents. De plus, ces jeunes recrutés par le Youth Employment Programme (YEP) sont mal payés ». Deepak Benydin ajoute que ces derniers « ne perçoivent qu’entre Rs 5 000 et Rs 10 000. Si un jeune sort de Mahébourg pour venir travailler à Port-Louis, il n’a pas d’allocation de transport supplémentaire. Clairement, le contrat dit qu’ils ne sont pas reconnus comme salariés. C’est donc une farce ».
Bien que le “income exemption threshold” ait été revu à la hausse, Narendranath Gopee estime « inadéquate la révision car avec le dernier rapport du PRB, des fonctionnaires qui ne payaient pas la taxe vont maintenant devoir la payer ». S’agissant du “relief” sur les intérêts des “secured loans” pour les maisons, le président du NTUC est d’avis que cette décision « arrive un peu tard car ceux qui ont pris leur prêt en 2006 l’ont pour certains déjà remboursé en 2016, après dix ans ».
En revanche, le système annoncé de rapport annuel sur la performance des ministères est bien accueilli. « Ce système servira comme un “tracking device” pour voir si les ministères sont en train d’implémenter les projets du gouvernement en suivant les normes préconisées par le ministère. Jusqu’ici, beaucoup de projets sont restés en attente ». Le syndicaliste recommande que le gouvernement « nomme les personnes à la tête du Public Sector Efficiency Bureau d’après leurs compétences et la méritocratie ».
Commentant l’augmentation des prix des boissons alcoolisées et des cigarettes, Narendranath Gopee affirme que malgré une prise de décision similaire lors de précédents budgets, « on n’a pu diminuer le nombre de personnes qui fument et qui consomment de l’alcool ». Et de poursuivre : « C’est une vache à lait pour extirper de l’argent de la population. Le gouvernement aurait dû être plus conciliant à ce sujet ».
Quant aux mesures annoncées pour diminuer les gaspillages de fonds publics, Narendranath Gopee estime que le gouvernement aurait dû se reporter au rapport annuel de l’Audit. « Il y a beaucoup de compagnies privées qui déclarent des pertes virtuelles et qui demandent des subsides au gouvernement. Pourquoi ce dernier ne fait-il pas auditer ces compagnies avant de leur accorder des subsides ? Par exemple, le gouvernement a aidé l’industrie sucrière mais ensuite, celle-ci a utilisé l’argent pour faire d’autres investissements. Le National Audit Bureau devrait pouvoir aller dans des compagnies privées pour auditer leurs comptes ».
D’autre part, le recrutement de policiers additionnels n’est pas la solution, pour Narendranath Gopee, à la prolifération de la drogue et des crimes.
S’agissant du projet de métro léger, il se dit plutôt d’avis que pour contourner le problème de congestion routière, « il faudrait remplacer les ronds-points par des fly-overs ». Deepak Benydin rappelle, lui, avoir déjà proposé une voie pour les deux-roues. Quant aux accidents de la route, « le vrai problème est de savoir si le bitume utilisé est approprié pour les différentes vitesses autorisées sur nos routes. Par ailleurs, il devrait y avoir une “Drivers Academy” et les conducteurs devraient passer un test de civisme pour valider leur permis. Ceux qui provoquent des accidents par leur incivisme devraient avoir deux ou trois chances après quoi on enlèverait leur permis », déclare Narendranath Gopee.
Il dit dès lors espérer que le gouvernement mettra sur pied un comité d’implémentation pour suivre la réalisation des projets annoncés car « on n’a pas mentionné quels sont les projets sur le court terme, quels autres sur le long terme ».
Deepak Benydin souhaite, pour sa part, que tout ce qui a été annoncé dans ce budget soit concrétisé. Il recommande un audit sur les maisons NHDC : « Je défie quiconque peut me dire que les maisons NHDC ne coulent pas. Les normes n’ont pas été suivies. On ne peut prendre l’argent du gouvernement pour construire ces maisons et ensuite devoir les refaire. »