Malgré les deux jours fériés, soit mardi et mercredi, de cette semaine, le ministère des Finances ne pourra pas chômer avec l’échéance du Budget Speech de vendredi prochain. Entre-temps, le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, dont ce sera le premier discours du budget, poursuivait jusqu’à fort tard hier des séances de travail avec ses plus proches collaborateurs au ministère pour les reprendre aujourd’hui et les poursuivre dans les jours à venir. Une étape cruciale dans cette dernière ligne droite reste cette ultime séance de travail au retour du Premier ministre, Navin Ramgoolam, du Commonwealth Heads of Government Meeting (CHOGM) pour finaliser les derniers détails du budget, qui sera présenté dans un contexte politique local particulier et une conjoncture économique internationale marquée par de graves incertitudes.
Des recoupements d’informations effectués par Week-End au cours de la semaine écoulée auprès des sources concordantes indiquent que la première mouture complète du Budget Speech est déjà prête. « Le plus gros du travail par rapport aux chiffres du Budget 2012 est bouclé. Les séances de travail de cette dernière, plus particulièrement les discussions avec le Premier ministre, sont davantage axées sur la formule de présentation des mesures budgétaires envisagées », confirment des sources proches du ministère des Finances.
Toutefois, le vice-Premier ministre et ministre des Finances, a fait part à ses proches politiques de sa préférence pour un discours moins encombrant en détails que celui présenté par son prédécesseur, Pravind Jugnauth. L’objectif déclaré est de terminer le discours du budget en l’espace de 90 minutes à partir de 17 heures, vendredi prochain, au lieu des deux et quinze minutes de novembre de l’année dernière. A ce stade, rien n’est encore définitif, car des changements de stratégie de dernière heure pourraient intervenir.
Quant aux orientations du Budget 2012, le vice-Premier ministre et ministre des Finances ne s’est pas gardé de souligner l’importance qu’il compte accorder au secteur des Petites et Moyennes Entreprises (PME) pour encadrer la croissance dans ce contexte d’essoufflement économique. Ainsi, il ne devra pas surprendre les opérateurs et observateurs économiques s’il annonce des dotations budgétaires pour la création de SME Parks à travers l’île avec un échéancier bien spécifique, un ballon d’oxygène également pour l’industrie du bâtiment.
Un autre volet de cette attention en faveur des petits et moyens entrepreneurs pourrait se traduire sous la forme d’un SME Special Package mettant à la disposition de ces opérateurs économiques des moyens financiers pour réaliser leurs objectifs. Néanmoins, l’un des principaux obstacles à surmonter se situe au niveau des démarches pour obtenir les Trade Licences nécessaires au niveau des collectivités locales. Des efforts sont attendus à ce niveau, même si la Joint Task Force on Business Facilitation pourrait être mise à contribution.
Le secteur de la Pêche devra figurer en bonne position dans le Budget 2012, vu l’intention déclarée des autorités de procéder à un repeuplement complet du lagon à Maurice et à Rodrigues. Le ministère de la Pêche ambitionne de lâcher entre 500 000 et un million d’alevins dans le lagon dans le cadre d’un projet de régénération du lagon.
L’une des annonces, qui pourrait faire partie du budget, est la privatisation partielle du Fisheries Research Centre d’Albion. Les autres mesures d’accompagnement pourraient toucher une plus grande sensibilité des riverains au repeuplement du lagon et une meilleure supervision du lagon de même que des programmes d’échange entre Maurice et Rodrigues pour un rapprochement des membres de la communauté de la mer.
Par contre, les paris restent ouverts quant au sort, qui pourra être réservé à la Capital Gains Tax, mesure fiscale annoncée par Pravind Jugnauth dans le budget 2011 et qui s’est retrouvée en première ligne du scandale du siècle avec la MedPoint Deal conclue à la veille de l’entrée en vigueur de cette mesure fiscale. A six jours du Budget Day, il est considéré comme étant prématuré de vouloir spéculer sur la gamme de mesures fiscales susceptibles d’être retenues officiellement.
De son côté, le Conseil des ministres de vendredi dernier a déjà eu un avant-goût budgétaire. Ainsi, le Cabinet a pris note des Draft Recurrent and Capital Estimates 2012 de l’Assemblée Régionale de Rodrigues. L’enveloppe financière, qui sera allouée à l’autonomie de Rodrigues, est de Rs 1 milliard 670 millions, dont Rs 360 millions pour le financement des projets de développement.
Par ailleurs, le Project Plan Committee, opérant sous l’égide du ministère de l’Infrastructure publique, a recommandé l’inclusion de 48 projets d’infrastructure, nécessitant des investissements de l’ordre de Rs 3,5 milliards dans le Public Sector Investment Programme (PSIP). Cette instance a déjà donné le feu vert à ces projets après analyse des études de faisabilité et des coûts.
Les principaux projets retenus portent sur le remplacement des conduits d’eau dans diverses régions du pays, sur la mise à exécution d’un projet pour le traitement des eaux usées à Phoenix, sur la deuxième phase du Schoenfeld Bypass, sur un plan d’action sur l’e-agriculture, sur la mise en opération d’une unité de soins médicaux à Rodrigues, sur un programme de construction de médicliniques et sur la deuxième phase du programme e-juduciary.
Le programme d’investissements publics est jugé extrêmement cricial dans le contexte économique en raison de la baisse de performance des investissements privés et du Foreign Direct Investment (FDI) depuis le début de l’année. Les opérateurs du privé s’attendent à voir dans le budget des mesures capables de redonner un boost aux investissements dans l’économie pour ramener le pays à un niveau de croissance acceptable.
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Business Facilitation: Première réunion de la Task Force
La Joint Public-Private Sector Business Facilitation Task Force, instituée par le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, pour revoir les lourdeurs administratives, s’est réunie pour la première fois mardi dernier. L’objectif de cette Task Force, sous la présidence conjointe du secrétaire financier, Ali Michael Mansoor, et du directeur du Joint Economic Council, Raj Makoond, est de faciliter l’introduction rapide des réformes prévues dans le programme gouvernemental, avec le concours de toutes les parties concernées, que ce soit au niveau des ministères ou des institutions publiques et privées.
Les priorités dégagées portent sur cinq domaines spécifiques :
permis de Land Conversion, permis de morcellement et permis EIA ;
permis touristiques ;
permis de Building and Land Use ;
permis liés au commerce international (International Trade Facilitation Permits) ;
permis pour les Utilités publiques
Ces différents groupes réunissent les représentants des ministères des Utilités publiques, des Terres et du Logement, des Administrations régionales, du Commerce et de l’Industrie et du Tourisme ainsi que les représentants des institutions du secteur privé concernées.
« Dans un soucis d’améliorer le climat des affaires, Maurice doit passer à la vitesse supérieure. La compétitivité de Maurice est une priorité, à un moment où l’Europe, notre marché principal, traverse une importante zone de turbulence », souligne-t-on officiellement au ministère des Finances.