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  • Alors que le salaire minimum a été introduit pour rétablir l’équilibre, ces artistes se retrouvent sans emploi pendant la basse saison

Les artistes évoluant dans les hôtels ont présenté leurs propositions au Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth. Ils réclament une sécurité d’emploi ainsi que la mise sur pied d’un fonds pour leur venir en aide pendant la basse saison. Ils affirment se retrouver au chômage pendant au moins six mois chaque année, car les hôtels ne retiennent pas leurs services en cette période. Ils souhaitent donc pouvoir être compensés, comme c’est le cas pour les pêcheurs et les planteurs en cas de mauvais temps.

Selon le document qui a été remis au Premier ministre, ils sont environ 5 000 artistes évoluant dans le circuit hôtelier à Maurice. Chanteurs, danseurs, musiciens et autres artistes présentant une variété de numéros font partie du maillon de l’hôtellerie qu’est l’entertainment. Toutefois, contrairement aux autres employés du secteur, ils n’ont aucun statut et n’opèrent sous aucun cadre légal. De même, ils n’ont aucune sécurité d’emploi, car étant des contractuels.

Un premier travail avait commencé l’année dernière, avec la mise sur pied d’un comité présidé par Jean-François Chaumière, Senior Adviser au PMO, en vue de mettre en place un cadre pour les “performers” de l’hôtellerie et l’“entertainment industry” dans son ensemble. Il a ainsi été noté que ceux évoluant dans ce secteur vivent une situation de précarité d’emploi. Le cas d’un cracheur de feu qui s’est retrouvé au chômage et sans le sou, à la suite d’un accident lors d’un spectacle, est encore dans les mémoires.

Les artistes d’hôtels réclament ainsi la mise sur pied d’un fonds pour les assister financièrement en cas de difficultés. « Alors que le gouvernement vise à augmenter le nombre des arrivées touristiques, le paradoxe est que les artistes sont de moins en moins recrutés dans les hôtels. Il y a une nouvelle culture, qu’on appelle la “basse saison”. Elle commence de février et s’étend jusqu’à octobre. Les “entertainers”, qui ont pourtant travaillé pendant une dizaine d’années dans un hôtel, se retrouvent alors subitement au chômage pendant six à huit mois. Cela a un impact très négatif sur nos revenus », disent-ils dans le document.

Les artistes font le parallèle avec les pêcheurs et les planteurs qui, eux, reçoivent une aide de l’État en période de mauvais temps, où ils ne peuvent travailler. « Nous considérons que les artistes méritent un traitement équitable. Notre contribution à la promotion de Maurice va sans doute au-delà de ce que pensent les autorités. » Ils demandent ainsi au Premier ministre de mettre en place des paramètres afin d’assurer leur avenir.

Les artistes d’hôtel suggèrent deux moyens à Pravind Jugnauth pour trouver l’argent nécessaire à la création de ce fonds : soit en puisant du Lottotech Fund, soit en appliquant un “levy”, une taxe additionnelle, sur les outils informatiques permettant de faire des enregistrements. Ce qui serait conforme à la Copyright Act 2017, pour compenser les copies non autorisées, qui font perdre de l’argent aux artistes. Une autre option serait de proposer un “tax rebate” aux hôtels pendant la baisse saison, à condition toutefois qu’ils engagent les artistes sur une base régulière pendant un an.

Les artistes d’hôtels souhaitent que leurs requêtes soient prises en considération. Cela fait des années, rappellent-ils, qu’ils militent pour un statut et une sécurité d’emploi. Ils dressent le parallèle avec l’introduction du salaire minimum, qui a permis d’améliorer la situation de ceux au bas de l’échelle. Contrairement, soulignent-ils, à celle des “entertainers”, qui a régressé.