Environ 122 400 personnes vivaient en 2012 sous le seuil de pauvreté relative, soit Rs 5 660 par mois par adulte, selon les calculs de Statistics Mauritius basés sur les données recueillies lors de sa dernière enquête sur le budget familial (Household Budget Survey). Le pourcentage de personnes considérées comme pauvres était estimé à 9,8 % contre 8,5 % en 2006/2007 (année de la précédente enquête). Statistics Mauritius relève dans son rapport rendu public mardi, que les revenus moyens disponibles des ménages ont, en général, augmenté au cours des cinq dernières années mais que l’inégalité dans la distribution de ces revenus s’est accentuée.
Les données obtenues lors de ce Household Budget Survey, qui vont servir à la préparation d’un nouveau panier de l’indice des prix à la consommation, montrent que la proportion des personnes vivant sous le seuil de pauvreté relative est passée de 8,5 % en 2006/2007 à 9,8 % en 2012. L’estimation de Statistics Mauritius est basée sur la moitié du « median monthly income » d’un adulte, soit Rs 5 660 en 2012 contre Rs 3 821 en 2006/2007. Ainsi, le nombre de personnes concernées par ces niveaux de revenus est passé de 104 200 en 2006/2007 à 122 400 en 2012. Dix ans de cela lorsque le « half median monthly income » par adulte était évalué à Rs 2 804, le nombre s’élevait à 93 200, soit 7,8 %. Statistics Mauritius estime, sur la base de ces critères, que 33 800 familles (2 adultes et 2 enfants) se retrouvaient dans la catégorie des « poor households » en 2012 contre 26 400 en 2006/2007 et 23 700 en 2000/2001.
Les résultats de l’enquête sur le budget des ménages font voir que les revenus moyens disponibles ont augmenté de 53,9 % au cours des cinq dernières années, passant de Rs 19 080 à Rs 29 360 mais après ajustement pour l’inflation et la baisse dans le nombre de personnes constituant une famille, la hausse réelle des revenus moyens se situe à 22,3 %. Il est estimé que 50 % des ménages touchaient moins de Rs 21 790 en 2012, par rapport à Rs 14 640 lors de la précédente enquête.
Faisant état de l’inégalité dans la distribution des revenus, Statistics Mauritius écrit : « Income inequality increased between 2006/2007 and 2012. The share of total income going to the 20 % of households at the lower end to the income range decreased from 6,1 % in 2006/07 to 5,4 % in 2012. On the other hand, the share of the upper 20 % of households increased from 45,6 % to 47,4 %. The rise in income inequality is confirmed by an increase in the Gini coefficient from 0,388 in 2006/07 to 0,413 in 2012. »
Les données de Statistics Mauritius montrent que, dans le cas des ménages touchant moins de Rs 10 000 par mois, le pourcentage est passé de 26 % à 14 % sur les cinq dernières années. S’agissant de ceux touchant entre Rs 10 000 et Rs 20 000, le pourcentage a également diminué : de 42 % à 30 %. En revanche, on note une augmentation (de 24 % à 35 %) dans le cas de ceux dont les revenus mensuels se situent entre Rs 20 000 et Rs 40 000. La progression concernant les ménages avec des revenus de plus de Rs 40 000 est plus conséquente : de 8 % à 21 %.
Pour ce qui est des dépenses des ménages, une comparaison des informations recueillies lors des deux dernières enquêtes indique que le montant moyen mensuel a augmenté de 51,7 % pour atteindre Rs 23 930 en 2012 mais après considération de l’inflation (33 % en 5 ans) et la réduction du nombre de personnes constituant un ménage (de 3,7 à 3,5 personnes) sur la période en question, il est estimé que les dépenses mensuelles ont subi une hausse réelle de 20,6 %.
Comment sont réparties ces dépenses ? Selon Statistics Mauritius, les produits alimentaires et boissons non alcoolisées ont fait une ponction de 27 % sur les dépenses, précédant le transport (15 %), le logement/eau/électricité/gaz (12 %), les boissons alcoolisées et le tabac (10 %). « The remaining categories of expenditure including clothing, footwear, household equipment and maintenance, health, education, communication and recreation together accounted for 36 % », relève Statistics Mauritius. Cette dernière observe que les dépenses sur toutes les catégories de biens de consommation et services ont pris l’ascenseur. La plus forte augmentation est inscrite sous l’item « Éducation »
(+112 %), due en grande partie à des frais de formation universitaire accrus. L’item « Santé » (+102 %) vient en deuxième position, devant celui de la « Communication » (+63 %), alors que la plus faible hausse est notée sous l’item « Vêtements/Chaussures » (+35 %).
On remarque sur la base des données concernant les dépenses des ménages qu’un montant total de Rs 23 930 en 2012, Rs 6 540 (27,3 %) étaient consacrées aux produits alimentaires et boissons non alcoolisées, Rs 3 630 au transport, Rs 2 860 au logement/eau, électricité/gaz et Rs 2 300 aux boissons alcoolisées et tabac. Par rapport aux dépenses de 2006/2007, on constate qu’en pourcentage des dépenses totales, le montant inscrit pour les produits alimentaires/boissons non alcoolisées a diminué : il était de 28,5 % en 2006/2007. La part des dépenses pour l’habillement, l’équipement ménager et l’eau/l’électricité/le gaz et les loisirs a diminué. Elle a, par contre, augmenté pour les items tels l’éducation, le transport et la santé.
Tenant compte des données recueillies lors de sa dernière enquête, Statistics Mauritius a procédé à une révision du poids attribué aux différentes catégories de produits et services dans le panier du CPI. Le poids de l’éducation est passé de 32 à 45 suite à un higher weight pour l’item « frais universitaires » ; celui de la santé grimpe de 10 points pour s’élever à 40 dans le sillage de la progression du poids inscrit pour les honoraires des médecins et des services paramédicaux ; pour le transport, la note passe de 147 à 151 après considération du relèvement des poids pour les véhicules et l’essence, compensée partiellement par la baisse de poids notée au niveau des billets d’avion, des frais de transport par autobus et de taxi. L’augmentation des frais pour les appels sur téléphone portable et des frais de connexion internet a contribué à l’attribution d’un poids plus important pour ces services. Il en a été de même pour l’électricité, les mets préparés et les boissons alcoolisées. Le poids des journaux dans l’indice a diminué du fait d’une consommation plus faible de cet item.