Les mesures concernant le secteur manufacturier annoncées dans le budget 2012 vont indéniablement avoir un impact positif sur la performance de ce secteur, soutiennent les directeurs généraux du Board of Investment et d’Enterprise Mauritius, respectivement Ken Poonoosamy et Dev Chamroo, dans les derniers bulletins mensuels de ces deux agences responsables, d’une part, de la promotion des investissements, et d’autre part, de celle des exportations.
« L’impact des mesures budgétaires sur le secteur manufacturier ne peut qu’être positif. Par le passé, le secteur a réussi à surmonter des défis mondiaux imprévisibles. Maintenant, vu l’orientation définitive vers la fabrication de pointe, l’octroi de tous les avantages du régime du port franc aux entreprises qui exportent leurs produits principalement en Afrique, consolide le pont avec le continent encore plus fermement », écrit Ken Poonoosamy. Pour Dev Chamroo, le budget 2013 met l’accent sur l’expansion des activités dans le secteur manufacturier tourné vers l’exportation. « A series of fiscal and non fiscal measures have been provided for, to strengthen the economy, the industry and the firms to build their resilience against the global euro crisis, with specific regards to the protracted crisis in the Eurozone, which remains a market of critical importance to Mauritius », souligne-t-il.
La direction d’Enterprise Mauritius est d’avis que les conditions ont été créées pour revoir la stratégie industrielle du pays, mobiliser des investissements additionnels dans des activités manufacturières où la valeur ajoutée est élevée et renforcer la stratégie de promotion des exportations. Dev Chamroo annonce, dans la foulée, qu’Enterprise Mauritius a déjà préparé son plan d’action pour 2013, qui sera rendu public bientôt. Ce plan cadre avec la nouvelle stratégie arrêtée pour la période 2013-2015.
Selon les données recueillies par Enterprise Mauritius, les entreprises d’exportation (incluant celles de l’ancienne zone franche) ont enregistré des recettes de Rs 37,9 milliards sur la période janvier/octobre 2012 par rapport à Rs 35,7 milliards pour la même période de 2011, soit une hausse de 6,1 %. Cette performance est qualifiée de « conforting and encouraging » par Dev Chamroo, compte tenu d’un environnement commercial difficile notamment dans nos marchés traditionnels. Enterprise Mauritius estime que la stratégie de diversification des produits et des marchés d’exportation porte ses fruits. La croissance des exportations de produits de la mer a été de 32,4 % alors que celle du sous-secteur de la bijouterie a été de 23,5 %, faisant de ce dernier le quatrième pilier du secteur manufacturier. Quant aux exportations de produits d’habillement, elles continuent d’augmenter, précise Enterprise Mauritius, à l’exception cependant des T-shirts.
Pour ce qui est des marchés, la part des marchés traditionnels a chuté de 57 % à 54 %. « Africa is fast emerging as market of substance with South Africa recording a 32.8 % growth for the January to October period », note la direction d’Enterprise Mauritius. Cette dernière pense que les récentes rencontres acheteurs/vendeurs organisées à Harare, au Zimbabwe, et à Maputo au Mozambique, devraient contribuer à l’expansion des exportations.
Par ailleurs, Ken Poonoosamy évoque les mesures budgétaires tendant à mettre en évidence la vocation à l’exportation de Maurice, en particulier les activités tournées vers le grand marché africain. Il fait état de la facilitation de la circulation des personnes entre les pays du continent et Maurice ainsi que de l’extension des réseaux d’investissement à travers la signature de nouveaux accords de non-double imposition ainsi que ceux visant la promotion et protection des investissements.
Dans les milieux du BoI, on est d’avis que « la présence d’un certain nombre de cliniques internationales sur notre sol est de bon augure quant à la validation de la position de l’île Maurice en tant que centre médical et de soins de santé de la région ». Ken Poonoosamy observe que l’adoption d’un projet de loi relatif à la recherche préclinique est bienvenue. Il estime également que des opportunités sont à saisir dans l’économie océanique et rappelle que des partenariats ont été lancés dans le secteur de la pêche.