Un plan global pour le secteur pétrolier est en préparation et couvre principalement les aspects de sécurité dans la fourniture de carburants pour la consommation locale, le commerce des produits pétroliers dans la région et le ravitaillement des navires en carburants. C’est ce qu’a annoncé ce matin le ministre du Commerce et de l’Industrie, Ashit Gungah, à l’ouverture d’un forum régional sur le thème “Mauritius : A bunkering hub driving the ocean economy”, à l’hôtel Labourdonnais.
Organisé conjointement par L’International Bunker Industry Association (IBIA) et CELERO Training, cette conférence régionale regroupe des représentants de plusieurs institutions et organismes du secteur public et des participants du secteur privé. Pendant deux jours, ils réfléchiront sur le développement des échanges commerciaux et des services maritimes dans la région, le financement des opérations de ravitaillement des navires, la protection de l’environnement, le cadre légal dont dispose Maurice pour prévenir et combattre la pollution de l’environnement marin ainsi que le développement des capacités (infrastructures et ressources humaines confondues).
Dans son allocution, Ashit Gungah a réaffirmé la volonté du gouvernement de développer de nouveaux piliers de croissance économique, précisant que l’exploitation de nos ressources maritimes et des activités océaniques constitue un volet important de la vision économique 2030, comme énoncée récemment par le Premier ministre. Le ministre du Commerce a indiqué que plusieurs initiatives ont été prises à cet effet par les autorités, dont des études sur le développement des opérations de ravitaillement des navires, la mise en place d’un terminal pétrolier et la construction de facilités de stockage additionnelles. Dans la foulée, le ministre a fait état d’un plan global pour le secteur pétrolier, estimant qu’avec la croissance attendue au niveau du bunkering hub, la nécessité de créer une institution publique dédiée au secteur pétrolier pourrait se faire sentir.
« There is today a unique opportunity to leverage our geographical location and business-friendly environment to position Mauritius in a pivotal role on the oil route in the Indian Ocean », a déclaré Ashit Gungah. Ce dernier a parlé de la libéralisation du commerce de ravitaillement des navires en carburants et des procédures pour l’obtention des permis pour opérer dans ce secteur. Même si le volume de carburants fournis aux navires a augmenté (de 269 324 tonnes métriques en 2013 à 287 tonnes métriques en 2014), il représente, a fait ressortir le ministre, un peu moins de 30% de l’objectif d’un million de tonnes fixé pour le court terme. « The bunkering business is still in its infancy », a reconnu le ministre, qui a soutenu qu’une approche stratégique à la croissance de cette activité est impérieuse. Cette approche stratégique doit tenir compte de la qualité des produits finis, des prix pratiqués, des aspects de protection de l’environnement, du renforcement des facilités de stockage et du potentiel de création d’emplois.
Objectif : 7 000 navires
Le ministre de l’Économie océanique, des Ressources marines, des Pêcheries, des Services maritimes et des Îles éparses, Premdut Koonjoo, estime que Maurice a un avenir certain dans le secteur de l’économie bleue, notamment grâce à ses 2,3 millions de km carrés de Zone économique exclusive (ZEE) et sa position stratégique dans l’océan Indien. Si en 2014, sur les 35 000 bateaux qui croisent près de Maurice, 740 ont fait escale à Port-Louis, le ministre affirme : « We are targeting to attract 7 000 vessels in the initial phase. »
Il observe que ces dernières années, le « bunkering business » a accru considérablement. Cependant, malgré la libéralisation du secteur et de l’introduction du « 380 cst fuel oil », qui représente 75% des ventes totales, « it is felt that challenges still persist as bunker sales growth remains sluggish for the current period ».
Le ministre Koonjoo estime qu’avec 400 ports à travers le monde, « nous évoluons dans un marché compétitif ». Cependant, il poursuit : « Notre marché est naissant avec seulement quelques compétiteurs. En comparaison, Singapour doit rivaliser avec 70 autres compétiteurs, avec un volume total de vente de 47 millions de tonnes de carburants, contre 300 000 tonnes pour Maurice. » Il souligne que le gouvernement joue sur ses avantages géographiques pour attirer des partenaires comme Chemoil.
Premdut Koonjoo confie que, pour étendre l’activité et atteindre les objectifs fixés de 8 millions de tonnes métriques, il faudrait augmenter le nombre de barges en opération. Il annonce ainsi que le ministère est voie d’améliorer les lois régissant le secteur. « L’ébauche d’un Marine Pollution Liability and Compensation bill est prête. » Il couvre les exigences de l’International Convention on Civil Liability for Oil Pollution Damage et l’International Convention on Civil Liability for Bunker Oil Pollution Damage.
Le ministre Koonjoo affirme que c’est aussi un secteur porteur pour la création d’emplois et rappelle que le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, avait annoncé la création de 25 000 emplois sur les court et moyen termes.
Le capitaine Peter Hall, président de l’IBIA, a estimé que Maurice se doit de pouvoir exploiter les opportunités immenses offertes par les opérations de ravitaillement des navires compte tenu de son positionnement géographique. Il s’agit, selon lui, de mettre en pratique une stratégie visant à encourager les navires à faire escale à Port-Louis, à leur offrir des services rapides et efficaces, et à créer les infrastructures appropriées. Peter Hall est d’avis qu’il y a un gros potentiel de création d’emplois dans le “bunkering hub”.
Danielle Wong, consultante du Celero Group, a souligné que ce forum régional a été rendu possible grâce à un accord conclu entre son groupe et le IBIA en début d’année. Elle s’est longuement appesantie sur le développement de ce secteur pourvoyeur d’emplois. « The development of the Bunkering industry is a Game Changer both in terms of economic perspective and job creation », a-t-elle observé.