Le ministre du Travail et de l’Emploi a affirmé ce matin à Ebène lors d’une conférence de Business Africa sur l’investissement dans ce continent que « nous n’avons jamais été si proche de l’Afrique ». « Nous avons besoin d’y croire et d’avoir la volonté nécessaire pour réussir sur ce continent », a lancé Shakeel Mohamed à un parterre de représentants des employeurs africains réunis à cette occasion.
Les pays asiatiques tels la Malaisie, Singapour, la Thaïlande, l’Inde et la Chine connaissent tous une bonne croissance, a souligné Shakeel Mohamed. « Tout le monde dit que le futur se trouve en Afrique mais comment peut-on y arriver ? Le réussirons-nous ensemble ou chaque pays de son côté ? Nous avons une grande tâche devant nous mais nous n’avons jamais été si proches », a-t-il déclaré. Auparavant, le ministre a fait ressortir qu’actuellement « nous ne faisons qu’exporter nos matières premières vers les États-Unis et l’Europe où elles sont transformées pour être réexportées vers nos pays et pour lesquelles nous payons un prix fort ». Il a ajouté qu’au final les Africains continueront à avoir des low-skilled jobs et à devenir des migrants.
Pour Habib Yousfi, président de Business Africa, il est important de réfléchir et d’essayer d’apporter des réponses positives à de tels problèmes. Dan le contexte actuel, a-t-il poursuivi, il est évident que l’Afrique a un rôle important à jouer dans le développement économique en matière de commerce et d’investissement. Il est impératif pour Business Africa de se pencher sur les possibilités de mettre en place une stratégie de développement avec un dialogue permanent et de tracer une trajectoire permettant aux pays africains d’aller vers des croissances à plus de deux chiffres, dit-il. Cela suppose « la mobilisation de tout un chacun. Les Africains sont capables de relever les défis ».
Pour sa part, le directeur du bureau africain de l’International Labour Organisation (ILO), Charles Dan, a estimé qu’une nouvelle Afrique est en train d’émerger. Le monde sera modelé dans les années à venir par ce qui se passe en Afrique, particulièrement dans le secteur privé. « Malgré la crise, l’Afrique est en marche », dit-il, « c’est pourquoi investir dans ce continent aujourd’hui signifie investir dans la croissance de demain ».
Est également intervenu à cette cérémonie, le président de l’International Organisation of Employers, Tan Sri Dato’Azman Shah Haron, qui affirme que les investisseurs de par le monde sont très confiants d’investir en Afrique. « Partout sur le continent, vous trouvez des investisseurs cherchant des opportunités d’investissement. Mis à part les investisseurs traditionnels européens ou américains, on trouve également des Chinois, des Brésiliens, des Sud-Africains, des Indiens, des Coréens ou des Arabes », dit-il. M. Shah Haron ajoute que l’Afrique est parvenue à rejeter la perception négative qui la ronge depuis des années, mais a besoin d’efforts soutenus pour créer un environnement des affaires compétitif afin de réussir son potentiel économique.