Les débats sur le Business Facilitation Bill ont repris ce matin à l’Assemblée nationale après la présentation en première lecture de l’Extradition Bill. Alan Ganoo, du Mouvement Patriotique, devait émettre l’opinion que le projet de loi ayant trait à la facilitation des affaires est « une initiative nécessaire mais loin d’être suffisante ». Le gouvernement, soutient-il, doit faire bien plus pour stimuler le secteur manufacturier. Il a par ailleurs suggéré au gouvernement de réfléchir à la nomination d’un Business Ombudsperson dans des cas de disputes commerciales.
« Le gouvernement n’a pas réussi à cerner les priorités de la nation et essaie maintenant de remédier à la situation à travers ce projet de loi », devait déclarer Alan Ganoo. Auparavant, il devait reconnaître qu’il s’agit d’une « étape importante » dans la volonté du gouvernement de réduire la bureaucratie, de renforcer l’économie numérique de même que de donner un nouveau départ au secteur manufacturier. « C’est une période opportune pour dynamiser l’économie mais, surtout, pour enlever les contraintes » liées à la réalisation des affaires. Le leader du MP a toutefois estimé que le projet de loi comportait des lacunes. « On doit se demander si le projet de loi peut aider à renverser la tendance dans certains secteurs », dit-il. A l’exemple de l’exportation, qui a chuté en 2016, selon lui, à quelque Rs 80 M. « Le gouvernement doit certainement faire plus pour booster le secteur manufacturier. »
Pour Alan Ganoo, le projet de loi « transfère la responsabilité » des ministères au Registrar General et à d’autres institutions. En vue de faciliter les affaires, ajoute-t-il, il importe que les agences et départements concernés respectent les délais.
Il devait aussi reconnaître dans ce projet de loi un point positif, à savoir qu’il rendra possible le « shift » vers une économie numérique. « C’est louable car on doit s’adapter ou périr. » Il ajoute : « Néanmoins, nous ne devons pas répéter les erreurs des autres pays. Nous devons préserver notre touche personnelle. L’absence de touche personnelle a souvent pour conséquence le rejet de projets. »
Selon Alan Ganoo, d’autres points importants sont à tenir en considération dans la facilitation des affaires, à l’instar de la transparence dans l’approvisionnement par le gouvernement. « L’exercice d’approvisionnement doit être exempt de reproche. Nous devrions nous assurer que nos institutions inspirent le respect et la crédibilité. » Il a pointé du doigt les « innombrables cas de favoritisme » durant les deux dernières années, sans compter que « d’autres ont eu à démissionner de leur poste ». Et de rappeler que la perception du niveau de corruption par Transparency International a classé Maurice à la 43e place et à la 3e place au niveau africain. « Depuis, il semble qu’il y ait eu une détérioration du climat des affaires », ajoute-t-il. Le favoritisme, selon Alan Ganoo, devrait être « éliminé à tout prix ». Il poursuit : « Aujourd’hui, nombre de nos institutions n’ont pas de CEO. La NTC est sans General Manager depuis près de deux ans. »
Il devait aussi mettre le doigt sur le mode de recrutement dans le gouvernement avec « des CEO et Acting CEO qui siègent sur une douzaine de comités et la population se posant des questions ». Et de déplorer que « pas une seule firme n’ait ouvert en 2016 » dans le secteur manufacturier. « Durant ces deux dernières années, la situation de l’emploi dans ce secteur a empiré. » Ajoutant : « Nous nous attendions à ce que ce gouvernement renverse la tendance, mais il a contribué à la contraction du secteur. »
Selon le député de l’opposition, « à une époque de contraintes politiques, sans compter le Brexit et le phénomène Trump, notre gouvernement attend que des emplois tombent du ciel ». Et de conclure en soulignant que la livraison des permis « ne devrait être la prérogative d’aucun ministère ».