Le vice-Premier ministre et ministre des Finances Xavier-Luc Duval était présent hier au business forum de Grand-Baie, organisé par le Board of Investment. L’occasion pour lui de rencontrer les hommes d’affaires malaisiens, menés par le ministre malaisien du Commerce international Dato Sri Mustapa Mohammad, à qui il a rappelé que Maurice accueille les investissements dans tous les secteurs traditionnels, à l’instar du tourisme et de l’hôtellerie, mais aussi dans l’industrie manufacturière, les TIC, la pêche, l’immobilier pour les étrangers et les services financiers. Le ministre  malaisien a, pour sa part, présenté son pays et les divers avantages qu’il offre aux investisseurs étrangers. Les échanges entre les deux délégations, qui ont duré au moins deux heures, ont permis de déblayer quelque peu le terrain du commerce et des investissements entre les deux pays.
Outre les secteurs traditionnels, M. Duval a parlé des secteurs prometteurs que sont les services médicaux, l’éducation tertiaire et le cinéma, où Maurice offre une subvention de 30% sur les dépenses locales, avant de rappeler l’ambition mauricienne, annoncée dans le dernier budget, par rapport au développement du “ship bunkering”. Selon lui, plus de 30 000 bateaux passent près de Maurice chaque année. « Comme au 18e siècle, Maurice peut redevenir l’étoile et la clé de l’océan Indien », a-t-il dit.
Le vice-Premier ministre a aussi parlé aux Malaisiens de la stratégie économique africaine de Maurice. Maurice, a-t-il précisé, possède une stratégie bien définie et « très pratique » pour devenir une porte d’entrée vers l’Afrique à travers ses services financiers. « Environ 60% des compagnies opérant à Maurice ciblent l’Afrique », leur a-t-il annoncé. Et d’évoquer la démarche de créer une économie verte, qui tombe sous le projet Maurice Ile Durable (MID), ainsi que la Zone économique exclusive (ZEE), d’une superficie de deux millions de kilomètres carrés, dont l’exploration commence dans un avenir proche. « Si nous trouvons du pétrole, cela pourrait transformer notre économie », a-t-il affirmé.
Pour sa part, le ministre Mustapa Mohammad a estimé que les Malaisiens sont venus « partager leurs avantages » avec Maurice et voir de quelles manières ils peuvent promouvoir davantage le commerce entre nos deux pays. Il a présenté aux Mauriciens les secteurs de la haute finance, avec la banque islamique, mais aussi celui de l’aviation, avec Air Asia, ainsi que celui de la construction et la manufacture, entre autres. Lors de sa présentation, on a ainsi appris que 20 Malaisiens résident à Maurice, dont certains ont épousé des citoyens mauriciens, et que neuf de nos compatriotes ont acquis des biens immobiliers dans son pays. M. Mohammad a également parlé de voitures malaisiennes importées par Maurice, dont environ 300 sont vendues sur le marché mauricien chaque année.
A l’heure des questions, le président de l’Aaleemee Society, Saheed Thupsee, a sollicité l’aide de la Malaisie par rapport à la certification “halaal” qui, a-t-il ajouté, est « mal comprise par les Mauriciens ». M. Mohammad lui a répondu que la Malaisie dispose effectivement d’une autorité dans le domaine et qu’il est prêt à partager ses procédures avec les autres pays. « Le développement du business est tout aussi important », a-t-il déclaré, avant de rappeler à son auditoire que de nombreux produits de la multinationale Nestlé sont fabriqués en Malaisie sous la certification “halaal” et sont vendus partout à travers le monde. « Nous sommes prêts à partager nos meilleures pratiques avec vous », a-t-il lancé. C’est au ministre de l’Industrie et du Commerce Cader Sayed Hossen qu’est revenu la responsabilité de présenter Maurice et ses avantages aux Malaisiens.