À quelques jours de la présentation du budget, prévue la semaine prochaine, Business Mauritius réclame avec insistance que les réformes structurelles nécessaires soient apportées afin de débloquer les projets en attente et de permettre à Maurice de passer au niveau de « high income economy ». Le CEO de Business Mauritius, Raj Makoond, a ainsi observé hier que « l’économie mauricienne opère en dessous de ses capacités ». Selon lui, des réformes s’imposent dans pas moins de six domaines, soit l’énergie, le secteur de l’hospitalité, la formation, les télécommunications, le secteur public et le port.
Ainsi, dans le secteur de l’économie verte et de l’énergie, Raj Makoond constate que la création de l’Utility Regulatory Authority, adoptée par l’Assemblée nationale, a été promulguée. Toutefois, la législation n’a toujours pas été proclamée de manière à opérationnaliser cette institution. De même, la CEB Act est en attente de proclamation. « Des investissements de l’ordre de Rs 10 milliards sont en attente dans l’énergie renouvelable. Nous avons un potentiel d’investissement considérable. Malheureusement, ce potentiel est freiné par des contraintes au niveau du Medium Scale Distributed Generation Scheme (MSDG) », souligne-t-il.
Le secteur de l’hospitality englobe, selon lui, une série de domaines, dont le tourisme, le “knowledge hub” et le “medical hub”. « Si nous voulons d’un secteur touristique dynamique et d’un secteur financier qui positionne Maurice comme une plateforme entre l’Asie et l’Afrique, il nous faudra une politique d’accès aérien plus compétitive. La création d’une Air Access Policy Unit indépendante d’Air Mauritius est une nécessité évidente », insiste Raj Makoond.
Au chapitre de la formation, le CEO de Business Mauritius constate que le National Scheme Development Programme (NSDP), annoncé dans le budget de 2016, « apporte déjà des résultats prometteurs ». Toutefois, la National Scheme Development Agency, qui avait été annoncée par la même occasion pour revoir le cadre sur la formation technique et vocationnelle, est toujours en attente. Cette agence est, selon lui, « indispensable en vue de la création de l’environnement propice » à une plus grande implication du privé dans ce type de formation. Concernant l’Occupational Permit accordé aux travailleurs étrangers, Raj Makoond dit constater que ce système a « bien marché pendant longtemps avec la mise en place de critères objectifs ». Or, depuis quelque temps, « les employeurs ont commencé à rencontrer beaucoup de problèmes ». Par conséquent, Business Mauritius réclame que des critères soient bien établis de manière à ce que le BoI arrive à traiter les dossiers « dans un délai d’au moins trois jours, afin d’avoir accès rapidement à des compétences que nous n’avons pas ».
Dans le domaine des télécommunications, la mise en place d’un troisième câble sous-marin figurait parmi les mesures qui avaient été annoncées. « Il est urgent qu’on arrive à réaliser ce projet cette année. Cela changera le paysage de la télécommunication à Maurice et contribuera à la baisse du prix de la bande passante tout en offrant des vitesses de connexion plus importantes. »
Au niveau du secteur public, le Public Procurement Office a déjà lancé un système d’e-procurement. Or, jusqu’aujourd’hui, seuls 14 organismes publics (2% des institutions) ont adopté ce système. « Il est temps qu’un calendrier soit établi entre les principaux organismes publics et le PPO pour que nous arrivions à une adhésion de 80% au e-procurement au cours des deux prochaines années. Nous sommes convaincus que le gouvernement améliorera l’exécution des projets gouvernementaux, augmentera l’efficacité au niveau du contrôle de ses dépenses et améliorera la transparence et élargira sa base de fournisseurs », estime Raj Makoond.
Finalement, au niveau portuaire, Raj Makoond observe que le choix d’un partenaire stratégique, évoqué depuis dix ans, n’a toujours pas été effectué. « Il y a eu des développements majeurs dans le port mais ce n’est pas suffisant si on veut faire de Port-Louis un port régional. »