Il y a l’ébullition au Brésil avec des bagarres dans les favelas (bidonvilles) et même en pleine ville. Bien des gens, surtout les pauvres, sont outrés par les dépenses extravagantes pour la Coupe du Monde de football. Mais il n’y a pas que cela. Bon nombre de maladies tropicales minent la santé des gens, telles que le paludisme, la maladie de Chagas, la fièvre jaune et la dengue.
Parmi les maladies à transmission vectorielle, la dengue est celle qui touche le plus largement la population brésilienne. Des épidémiologistes pensent qu’au Brésil la dengue sera la grande menace sanitaire pendant la Coupe du Monde de football. D’après la revue médicale The Lancet du 17 mai dernier : « Avec plus d’un million de spectateurs qui voyageront dans douze villes différentes du Brésil, le risque d’une épidémie de dengue est réel. » D’ailleurs, d’après le ministère fédéral de la santé du Brésil, il y a déjà eu une importante recrudescence de la dengue en 2013.
Les virus de la dengue, transmis principalement par le moustique Aedes aegypti, ont provoqué 1.4 million de cas de dengue (un record) lors des épidémies de 2013. Depuis 2005, les 4 sérotypes du virus de la dengue circulent au Brésil ; et la présence depuis 1985 de Aedes albopictus, un autre vecteur de la dengue, n’est pas pour arranger les choses en ce qu’il s’agit de la propagation de cette maladie dans le pays. Il faut faire ressortir que ces moustiques Aedes piquent surtout le jour et que la dengue peut causer une fièvre sévère et des symptômes variés telles que nausées et douleurs pouvant entraîner une hospitalisation. Il n’existe actuellement aucun vaccin ou médicament pour soigner cette maladie, et dans certains cas, les malades peuvent en mourir. C’est pourquoi on peut lire ‘Dengue Mata’ (la dengue tue) sur des panneaux publicitaires près des aéroports.
Quelque 600 000 touristes étrangers vont passer plusieurs semaines dans différentes villes du Brésil pour assister à la Coupe du monde du 12 juin au 13 juillet 2014. Il y a tout lieu de croire que certains parmi eux seront piqués par des moustiques vecteurs de la dengue, nommément  Aedes albopictus ou Aedes aegypti, et qu’à leur retour ils ramèneront le virus de la dengue dans leurs pays d’origine. Et si les moustiques Aedes sont présents, comme c’est le cas en France,  Espagne, Italie et aux Pays-Bas, la propagation du virus pourra être rapide dans ces pays de l’hémisphère nord, car ce sera alors en plein été, et les moustiques sont très actifs à cette période.
Il y a de nos jours une plus grande facilité d’échanges entre continents, accélérant d’autant le transport des gens et des biens au niveau mondial et par conséquent augmentant la diffusion des agents pathogènes et des vecteurs. Ce risque d’invasion de nouvelles pathologies et de moustiques vecteurs est bien réel, et s’applique à n’importe quelle partie du globe, hormis peut-être les régions polaires. C’est pourquoi il ne faut pas croire qu’on est à l’abri de quelque maladie, vectorielle ou non, quand on se trouve loin d’un foyer de cette maladie en question même si cela se trouve dans un pays éloigné. Après tout, le monde est maintenant considéré comme un « village global »….