Même à deux conteurs, Le Cabaret de l’impossible s’est concrétisé sur la scène du KaféT@ Komiko, le samedi 21 septembre. En l’absence du Réunionnais Sergio Grondin, les conteurs Achille Grimaud (France) et François Lavallée (Québec) ont adapté le spectacle au pied levé et ont relevé le pari, en bons conteurs de l’impossible.
Ces rêveurs de réalité ont mis les chemins de la vie sous leurs bottines pour nous ramener des histoires du Québec et du Finistère, et même une ritournelle de l’île ardente. Des fragments d’épopées et autres anecdotes contemporaines racontées dans une joyeuse ambiance.
Le récit se tisse au fil des expériences et des rencontres des uns et des autres dans leur pays d’origine. Le résultat est une autofiction pleine de rebondissements et d’images, rythmée par le débit des conteurs et les battements de leurs pieds pour figurer l’itinérance de celui qui va à la rencontre de l’autre. Cet autre, à la culture et aux codes différents, mais avec qui l’on est relié par la langue.
La peur de perdre des bouts de langues et de se retrouver avec une langue française plus courte. Ou d’être marqué au fer rouge du sigle USA sur la langue. Et se retrouver réduit à une tribu ostracisée de french speaking persons. C’est presque un rempart contre l’envahisseur que dresse Le Cabaret de l’impossible. Un spectacle qui célèbre une langue prête à se prêter aux quatre vents pour résister aux assauts d’une langue unique. Et, par extension, à une culture unique ?
La Francophonie est appelée à la rescousse. Elle exprime le monde en français et décline les variations de la langue dans plusieurs points du globe. Elle s’enrichit par la voix des conteurs et des poètes qui la rendent vivante.
Une mission rondement menée par ces deux conteurs venus d’ailleurs, avec leur authenticité et des images à offrir en partage à travers un savoir-dire. Il convient à ce propos de souligner la qualité du texte et la poésie qui en émane, comme d’une cheminée où s’enflamme le feu intérieur de trois francophones…