— Alors… love is in the air ?
— Qu’est-ce que tu es en train de raconteur comme ça, et en anglais par-dessus le marché ?
— Je te demande simplement si « love is in the air ». Tu oublies qu’on est à la veille de la Saint-Valentin, la fête des amoureux ?
— Comment je pourrais oublier la Saint-Valentin avec toutes les radios et toutes les réclames dans les journaux et sur Facebook. Je ne sais si « love is in the air », mais les commerçants eux sont bien là.
— Tu vois, on ne peut pas échapper à cette fête ! Maintenant, c’est pareil que Noël ou la fête des Mères. Alors, tu as fini de choisir ton cadeau ?
— Franchement te dire, entre les grosses pluies, les orages, la chaleur qui donne bal et les cyclones qui arrivent, je n’ai vraiment pas le temps de penser à un cadeau de la Saint-Valentin.
— Toi tu ne penses peut-être pas à ça, mais je suis sûre que ton bonhomme est en train de te préparer une surprise pour jeudi prochain.
— Ça m’étonnerait beaucoup. Maintenant, quand il veut me faire une surprise, il me demande ce que je veux comme surprise.
— Tu me fais rire, toi. Il ne t’a jamais offert un cadeau-surprise ?
— Une fois il m’a offert un collier fantaisie qu’il avait acheté dans une promotion. Une horreur, je te dis. C’était tellement vilain que je l’ai obligé à aller rendre le collier au magasin. Depuis ça, c’est moi qui choisis mon cadeau-surprise.
— Et qu’est-ce que tu as choisi cette année ? Attends, laisse-moi deviner… vous allez passer le week-end en amoureux à Rodrigues… ils font de packages intéressants, cette année.
—… mais, là-bas, il fait beaucoup plus chaud qu’à Maurice, toi. Au lieu d’un week-end d’amoureux, ça risque d’être un week-end de transpiration !
— Ok. Vous allez passer le week-end dans un de ces hôtels qui font des promotions avec cocktail de bienvenue, dîner gastronomique et orchestre au clair de lune. Le tout pour pas cher.
— Ah non. Ca on a fait une fois et, crois-moi, on ne fera pas deux. Ah non, foutour va !
— Ce n’était pas bien : un week-end entre amoureux, rien que vous deux à ne rien faire, comme des touristes ?
— Je croyais que ça allait être comme ça, mais il y avait beaucoup de Mauriciens qui ont eu la même idée. Dont deux collègues de mon bonhomme et leurs femmes.
— Kisenla ?
— Tu ne les connais pas, mais ce sont de véritables cuscutes, je te dis. Et, comme mon bonhomme adore la compagnie, du coup on a passé notre week-end d’amoureux à six, parce qu’ils ne nous ont pas quittés d’une semelle, toi. On a même été admirer le clair de lune à six… enfin à plus de cinquante, avec tous les clients de l’hôtel, puisque c’était dans le programme du package !
— Mais vous auriez pu aller de votre côté, non ?
— Impossible ma chère : mon bonhomme parlait boulot et on était ensemble depuis le petit déjeuner jusqu’au dîner en passant par les exercices dans la piscine, la séance au spa sans oublier le cocktail sur la plage. J’ai dit tourné zoreille on va garder notre argent pour faire autre chose.
— Tu es vraiment difficile, toi. Je sais ce que tu vas faire : réserver une table dans un bon restaurant.
— Ayo, non. Je n’aime plus les fêtes en groupes.
— Qu’est-ce que tu vas faire alors : préparer un dîner aux chandelles pour toi et ton bonhomme ?
— C’est presque ça.
— Comment presque ça : tu vas préparer un dîner en tête à tête ou pas ?
— Tu ne vois aller cuire à manger dans cette chaleur-la ? No way, bonne femme !
— Mais comment tu vas faire alors ?
— J’ai fini de commander un dîner avec entrée, plat, dessert et chandelles, ouverture du cadeau et tout so complète. Comme ça je n’aurai qu’a faire chauffer avant de servir.
— Ah bon tu as prévu un cadeau quand même.
— Mais évidemment, qu’est-ce que tu crois. Je suis allée l’acheter moi-même. C’est un cadeau-surprise pour moi et pour lui.
— Ha, ha, tu vois. J’avais bien dit que love is in the air.
— J’ai prévu quelque chose de plus pratique que romantique pour la St Valentin, cette année.
— Ah, bon ! Quel cadeau-surprise tu as choisi toi-même alors ?
— Un climatiseur dernier modèle.
— Un quoi ?
— Un climatiseur dernier modèle pour remplacer le vieux qui ne marche plus bien. Pourquoi tu fais cette tête-là ?
— Ayo, franchement te dire, je suis un peu déçue. Je pensais que tu allais choisir un cadeau romantique… pas un climatiseur ! Pas pour la St Valentin, pas pour la fête de l’amour d’abord.
— Sorry ma chère dis-moi que je ne suis pas romantique et que je suis une sale matérialiste, je m’en fiche. En février cette année, je préfère la fraîcheur à l’amour !