Il est impérieux aujourd’hui que les États africains fassent la démonstration que leur structure d’accréditation offre la garantie que les produits et services qu’ils exportent sont sains et peuvent être consommés. C’est ce qu’a souligné, ce matin, le ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Protection des Consommateurs à l’ouverture officielle de la deuxième Assemblée générale de l’African Accreditation Cooperation (AFRAC) à l’hôtel Intercontinental, Balaclava. Cader Sayed-Hossen est d’avis que la création de l’AFRAC il y a deux ans ne peut qu’aider à la convergence des objectifs en matière de respect des normes et pratiques dans le domaine de l’accréditation.
L’accréditation, expliquera d’emblée le ministre, est une procédure par laquelle une autorité indépendante donne une reconnaissance formelle quant à l’aptitude d’une organisation ou d’une personne pour accomplir des tâches spécifiques. Celles-ci comprennent, entre autres, l’évaluation des compétences des laboratoires pour réaliser des tests, inspections et certifications de produits et autres systèmes. L’accréditation, a fait remarquer Cader Sayed-Hossen, est devenue un précieux outil de promotion d’un flux soutenu d’échanges commerciaux. Au niveau international, l’accréditation est considérée comme un instrument majeur pour l’élimination des barrières techniques au commerce alors qu’au niveau domestique, elle assure aux consommateurs que tout ce qu’ils achètent ou consomment est sain et satisfait les normes établies par les autorités.
« Tout pays a besoin d’une structure solide d’évaluation des normes et de conformité aux règles afin d’assurer un développement soutenu, de protéger les consommateurs contre des produits dangereux et de prendre avantage du commerce international pour une meilleure prospérité économique », affirme Cader Sayed-Hossen. Pour ce dernier, dans le nouvel environnement commercial marqué par l’abolition des barrières tarifaires et l’élimination des préférences commerciales, les entreprises qui satisfont les normes internationales et de conformité aux besoins des marchés où il existe une structure d’accréditation sont celles qui pourront tirer profit d’un accès élargi aux marchés globaux. « The establishment of an accreditation infrastructure is critical to provide assurance to trading partners that developing countries are competent to test and certify to their requirements », soutient le ministre.
Politique commune
Tout en observant que la création de l’AFRAC en 2010 va dans la bonne direction car il était temps que l’Afrique fasse entendre sa voix dans le forum international, Cader Sayed-Hossen a indiqué que seulement trois organisations d’accréditation nationales, celles d’Afrique du Sud, d’Égypte et de Tunisie, sont sujettes à des accords de reconnaissance mutuelle par des organisations internationales. L’AFRAC devra travailler dur pour que d’autres organisations africaines dont celle de Maurice puissent atteindre le même statut. Le ministre a fait état des réalisations de Maurice en matière d’élaboration des normes de qualité, indiquant qu’à ce jour environ 350 normes différentes ont été établies pour la protection des consommateurs, de l’environnement, et pour la promotion de la santé et de la sécurité au travail. Depuis 2008, le Mauritius Accreditation Service (MAURITAS) a émis 17 certificats d’accréditation de laboratoires et autres corps de certification.
L’assemblée générale de l’AFRAC, qui s’échelonnera sur trois jours, réunit des participants de plusieurs blocs économiques régionaux dont la SADC, le COMESA, l’Eastern African Community, la Communauté des États du Sahel et la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest. L’union africaine y est également représentée. La responsable du dossier du commerce de l’UA, Tarama Lallah-Loumabeka, d’origine mauricienne, a rappelé que le Traité d’Abuja portant sur la création d’une communauté économique africaine stipule clairement que les pays membres doivent adopter une politique commune en matière de normalisation et de système d’assurance-qualité des produits et services. Elle a appelé à une plus grande synergie entre les organisations s’occupant de la mise en place d’une infrastructure de qualité en Afrique. Tarama Lallah-Loumabeka a également insisté sur l’harmonisation des normes, règles et procédures en vue d’améliorer l’accès des produits aux marchés.