Le ministre de l’Industrie estime que l’eau est un droit humain indéniable et que le bien-être de toutes les populations dépendent d’un accès à une fourniture d’eau saine, adéquate et à un coût raisonnable. Cader Sayed-Hossen intervenait ce matin à l’hôtel Labourdonnais à l’ouverture du huitième atelier de travail sur les essais d’aptitudes de l’eau organisé par la Southern African Development Commmunity Cooperation in Measurement Traceability (SADCMET).
C’est un paradoxe, a déclaré ce matin le ministre de l’Industrie, que la planète soit recouverte d’eau à 70 % mais qu’on en manque toujours dans de nombreux pays. Citant le rapport 2009 des Nations unies sur l’eau, Cader Sayed-Hossen a indiqué que 50 % de la population mondiale vivra dans des régions où il n’y aura pas d’eau d’ici à 2030. Selon ce document, entre 75 et 250 millions de personnes en Afrique vont être confrontées à un manque d’eau d’ici à 2020. Cela en grande partie à cause du changement climatique. « La question de l’eau représente un nouveau défi mondial. »
Cader Sayed-Hossen a ajouté que le manque drastique d’eau est aussi le résultat d’une utilisation de plus en plus grandissante de ce produit, soit deux fois plus que l’augmentation de la population mondiale. « Il n’y a pas eu de planification et de gestion adéquates de ce produit de la part des autorités concernées. De ce fait, l’eau est en manque partout dans le monde. Ce manque menace la vie humaine », a-t-il fait ressortir.
Maurice, a souligné le ministre de l’Industrie, fait aussi face depuis ces trois dernières années à une pénurie d’eau, partiellement dû à un manque de pluie durant l’été, au changement climatique et à une mauvaise planification et gestion des ressources en eau par les autorités . « Environ 50 % de la production d’eau se perd lors de la distribution. Cette année, le manque est plus prononcé en raison d’une sécheresse. De plus, le réservoir n’est rempli qu’à 25 % de sa capacité maximale. »
S’agissant des mesures prises pour tenir le coup face à cette pénurie d’eau, Cader Sayed-Hossen en a cité sept : l’eau des rivières est pompée et traitée par des unités mobiles avant d’être transférée dans le réseau de distribution ; Rs 454 millions sont mises à la disposition de la Central Water Authority (CWA) pour remplacer les vieux tuyaux ; une somme de Rs 53 millions a été identifiée pour la création de nouveaux forages ; Rs 3 000 sont offertes aux familles à faible revenus pour l’achat de réservoirs d’eau ; un nouveau barrage d’une capacité de 14,2 millions de m3 est en construction avec l’aide chinoise ; un plan stratégique est en voie d’élaboration et les différentes autorités opérant dans le secteur de l’eau seront réunies sous une seule autorité.
L’atelier de travail de la SADCMET se poursuit jusqu’à jeudi. Une quarantaine de délégués venus de plusieurs pays africains y participent.