Le Principal Hospital Officer Cadress Rungen, aussi connu comme travailleur social très actif sur le terrain dans la lutte contre la drogue et le Sida, décortique le mécanisme mis en place au sein des prisons pour accueillir, prendre en charge et suivre les détenus toxicomanes. Pour cet officier de carrière, « nous optimisons nos prestations afin d’offrir des soins les plus complets à ces détenus. Tout n’est évidemment pas parfait, mais nous faisons le maximum en ce sens ».
Deux catégories de détenus toxicomanes bénéficient actuellement du traitement à base de méthadone. La première concerne les éléments qui « avant leur entrée en prison étaient déjà en traitement » et « la seconde, ceux qui, à l’intérieur de la prison, en font la demande ».
Un médecin attaché en permanence à la prison, soutenu par un personnel paramédical comprenant des infirmiers – certains opérant à la prison centrale, d’autres dans les autres institutions pénitentiaires du pays –, assure que « les détenus bénéficiant du traitement à base de méthadone ont quotidiennement leurs doses ». Qu’il s’agisse des éléments qui étaient sur le programme avant leur entrée en prison ou ceux qui en font le choix à l’intérieur, affirme Cadress Rungen, « nos services offrent, dès l’arrivée à la New Wing, un “full screening” à chaque détenu ».
Est ainsi établi un historique complet de la santé de la personne. Sans oublier, précise le Principal Hospital Officer, « son drug history, de même qu’un état des lieux complet avec les pathologies dont souffre la personne ; s’il est séropositif, s’il souffre du diabète, s’il a des problèmes d’ordre psychologique, cardiaques ou des troubles mentaux… Ou même quels sont les soins dentaires dont il a besoin. Bref, un dossier complet sur l’état de santé de la personne est établi. »
À partir de là, continue Cadress Rungen, « ce carnet de santé suit le détenu partout ; lui assurant ainsi un suivi détaillé ». Une fois le détenu mis sur méthadone, le travail ne s’arrête pas là. « Ceux qui n’optent pas pour la méthadone peuvent, par exemple, choisir l’alternative drug free prônée par le Centre Lotus. » Ce centre agit aussi comme tremplin pour tout détenu toxicomane. Des sessions de counselling, des activités et des formations y sont dispensées. L’aspect psychosocial, la prise en charge psychologique et le suivi y sont proposés. Le psychologue Vijay Ramanjooloo est d’ailleurs attaché à la prison en ce sens.
C’est, entre autres, à ce stade que le personnel de la prison rencontre quelques difficultés, notamment en termes de manque de ressources humaines. « Nous devons assurer le service maximum tous les jours, et même les dimanches et les jours fériés », soutient Cadress Rungen.
Deux ans depuis que la méthadone a été dispensée aux détenus, notre interlocuteur note que « leur comportement change radicalement. Ils s’intéressent à une formation – boulangerie, agriculture, aviculture, artisanat… Chacun s’y retrouve ».
L’officier de la prison et travailleur social qu’il est, reconnaît qu’« outre la méthadone, il faudra envisager de mettre des seringues propres de même que des préservatifs à la disposition des détenus. Cela dans un souci de santé publique ».