Cette semaine devra être riche en rebondissements et événements politiques avec pour point de départ le vote de l’assemblée des délégués du MMM au sujet de l’accord électoral avec le Parti travailliste. Des sources politiques autorisées avancent que la séquence politico-électorale pourrait s’enchaîner de manière accélérée vu que la consigne formelle aux ministres et parlementaires du PTr en fi n de semaine est que « everybody (must be) on board » mardi et mercredi prochains, alors que le 114e anniversaire de la naissance du Père de la Nation, le regretté sir Seewoosagur Ramgoolam, sera célébré mercredi avec une série de manifestations. Néanmoins, les événements ne se bousculeront pas seulement aux portillons politiques, car sur le plan syndical, notamment dans l’industrie cannière, la tension devient de plus en plus palpable avec un ultimatum du Joint Negotiating Panel (JNP) syndical arrivant à échéance vendredi, en vue de désamorcer une situation de crise avec la demande pour une révision salariale de 40% pour les employés de ce secteur. Dans le transport en commun, le bras de fer autour du rapport du National Remuneration Board (NRB) pourrait se transformer en épine dans les pieds du Premier ministre, Navin Ramgoolam, et de son nouveau partenaire, Paul Bérenger, leader du MMM, si des solutions satisfaisantes ne sont pas trouvées.
Sur l’échiquier politique, l’assemblée des délégués du MMM du jour revêtira une importance particulière car le principal item à l’ordre du jour sera l’accord électoral entre le PTr et le MMM. Le vote d’approbation marquera le coup d’envoi de la campagne de mobilisation rougemauve sur le terrain en vue des snap elections avant la présentation du Budget Speech 2015 à l’Assemblée nationale. Dans la matinée, à la salle municipale de Belle-Rose, les délégués du MMM seront servis de deux discours, en l’occurrence d’Alan Ganoo, l’envoyé spécial du leader du MMM au Prime Minister’s Offi ce pour négocier et « to tie the loose ends » de l’accord politique en écrit, qui sera signé en fi n de semaine, et de Paul Bérenger réitérant les principales orientations de l’action du prochain gouvernement PTr-MMM. La présidence de cette réunion sera assurée par Arianne Navarre-Marie.
À partir de ce vote, qui sera pris à la fi n des interventions, le focus politique devra se transformer avec la démission annoncée de Paul Bérenger en tant que leader de l’opposition, de Rajesh Bhagwan des fonctions de Whip et d’Alan Ganoo de la présidence du Public Accounts Committee (PAC). Paul Bérenger a déjà signifi é son intention de se rendre à la State House, Réduit, dès demain matin pour soumettre sa lettre de démission au président de la République, Kailash Purryag.
À partir de cette rencontre, une nouvelle page est tournée sur le plan politique. La question qui retiendra l’attention demeure si le président Purryag enclenchera les procédures constitutionnelles pour procéder à la nomination d’un nouveau leader de l’opposition en la personne de Pravind Jugnauth. Les chances d’une telle annonce sont considérées comme étant extrêmement minimes, pour ne pas dire nulles, dans la conjoncture politique.
Dans les 24 heures subséquentes à sa démission, Paul Bérenger sera reçu par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, à Clarisse House, pour une nouvelle séance de travail après celle de jeudi dans le sillage de la mise en place de l’alliance électorale PTr-MMM. Le sujet de la dissolution de l’Assemblée nationale sera-t-il à l’ordre du jour de ce tête-à-tête avec la mise en place des structures pour engager la mobilisation politique ?
D’aucuns affirment que pour obvier à tout problème relatif à la nomination d’un nouveau leader de l’opposition, l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale par le président de la République sur les conseils du Premier ministre pourrait intervenir dans les 48 heures, soit au plus tôt mercredi prochain. D’ailleurs, après les délibérations du Conseil des ministres de vendredi, la consigne adressée aux parlementaires de la majorité travailliste, ministres surtout, est « everybody on board » mardi et mercredi, soit qu’ils devront être disponibles et répondre à toute convocation dans l’heure qui suit. Aucune explication offi cielle n’a été fournie pour accompagner cette directive venant du leadership du parti.