Les fonctionnaires ont été pris de court par l’alerte de classe III émise par la météo vers 9h. Celle-ci a été émise alors que bon nombre d’entre eux venaient à peine d’arriver au bureau. Face à cette situation, deux principales formations syndicales de ce secteur sont montées au créneau pour dénoncer « l’incompétence des services météorologiques de Vacoas ».

Dans une déclaration au Mauricien, Narendranath Gopee, président de la Federation of Civil Service and Other Unions, a attribué cette situation aux « autorités ». « L’annonce a été faite alors que bon nombre de fonctionnaires se trouvaient encore dans les autobus en raison des intempéries. Il ne faut pas que la météo de Maurice se cache derrière la trajectoire du cyclone car il y a des prévisionnistes qui sont payés pour faire ce travail. Gouverner, c’est prévoir. Ce n’est certainement pas de cette façon qu’on roule un pays », a-t-il laissé entendre. Pour lui, cette situation a créé une « véritable pagaille » car d’une part le protocole en vigueur dit clairement que les fonctionnaires ne travaillent pas lorsqu’un avertissement de classe III est émis. « Ce qui fait qu’ils doivent maintenant courir pour prendre les autobus à la gare », a-t-il déclaré.

Et de souligner : « Cette façon de faire a dérangé non seulement les fonctionnaires mais aussi les travailleurs du secteur privé. Il y a une grande colère parmi la classe des travailleurs. On lui doit des explications », a-t-il dit. Le président de la Fédération des Syndicats du Service Public, Rashid Imrith, abonde dans le même sens. « La population est très en colère avec la météo. Comment se fait-il que peu avant 9h tout est correct et que subitement on passe en alerte classe III ? Les chefs de département doivent maintenant bien gérer la situation et il faut mettre un moyen de transport à la disposition des fonctionnaires si les autobus ne roulent pas », a-t-il dit. Il a tenu à dénoncer une situation au bureau de la National Transport Authority. Alors que la météo avait émis un avertissement de classe III, on a demandé aux fonctionnaires de continuer à travailler jusqu’à 9h45. « La raison est que pas moins de 200 personnes étaient à l’intérieur pour renouveler leurs vignettes de véhicule », at- il laissé entendre. Dans les corps para-étatiques, la colère s’est manifestée également dès l’annonce de l’alerte III. Selon Deepak Benydin, président de la Federation of Parastatal Bodies and Other Unions, les employés des corps para-étatiques ont été également pris de court par cette décision. « Plusieurs d’entre eux ont quitté tôt leur maison pour se rendre au travail malgré le mauvais temps. Maintenant on demande à ces derniers de rentrer chez eux brusquement. Et ils vont devoir affronter à nouveau le mauvais temps pour regagner leur domicile. Aussi longtemps qu’il y a des autobus à la gare, c’est OK. Mais s’il n’y a pas d’autobus en raison de l’avertissement de cyclone de classe III, cela va être la pagaille », a-t-il prévenu.

À 11h, tous les fonctionnaires à l’exception de ceux affectés aux services essentiels avaient déjà quitté leurs lieux du travail. Du côté des compagnies d’autobus, on insiste sur le fait que dès qu’un avertissement de cyclone de classe III est émis, les passagers ont trois heures pour regagner leur domicile en prenant le bus. « Passé ce délai, on essaie quand même d’être flexible afin de ramasser un maximum de passagers sur les routes », a confié au Mauricien un directeur de compagnie d’autobus.