Un cambriolage a été commis dans la soirée de mardi dans une villa luxueuse à Cascavelle occupée par une famille française, qui s’y est installée depuis un an. Après un premier inventaire, les victimes ont évalué le butin à 15 000 euros, soit environ Rs 600 000. Ce serait l’oeuvre du « gang des encagoulés » qui aurait frappé dans plusieurs régions de l’île, notamment à Grand-Baie le 22 octobre, à Amaury, Highlands et Bambous.
Les témoignages recueillies auprès des membres de la famille française et les informations de sources policières indiquent que cette dernière attaque commise aux alentours de 20 h 30 mardi soir à Cascavelle ressemble fortement au mode opératoire du « gang des encagoulés ». Trois hommes, tous vêtus de noir, ont enjambé un mûr de trois mètres de haut avant de s’introduire par effraction dans la villa occupée par un couple et leur deux fillettes âgées de sept et neuf ans. « Nous venions de dîner. Mon époux était toujours à table sur la terrasse tandis que je me trouvais en cuisine. Sans rien comprendre, nous nous sommes retrouvés avec trois bandits dans notre maison. Ils ont placé des armes tranchantes sous ma gorge et celle de mon mari tandis que nos deux filles étaient terrorisées en face de nous », confie l’épouse, âgée de 40 ans, et enceinte, encore sous l’effet du choc même si cette attaque remonte à plus de 24 heures.
« Le chef du gang nous a fait comprendre sèchement : “ Nous voulons tous les diamants et tout votre argent.” », poursuit-elle. Toute la famille était tétanisée par la présence de ces hommes masqués à l’intérieur de la villa. Dans un premier temps, ils devaient mettre hors état de nuire les membres de la famille en séquestrant l’épouse et les deux filles sur la terrasse de la villa sous la surveillance d’un des malfrats armés de couteaux. L’époux, âgé de 60 ans, bâillonné et ligoté par les bandits, a été forcé d’ouvrir le coffre-fort se trouvant dans une des pièces de la villa.
« Une fois le coffre-fort ouvert, ils ont emporté bijoux, argent, cellulaires, disque dur et nos cartes bleues. Le chef de la bande, très à l’aise en français, répétait que ses hommes et lui ne nous feraient aucun mal. Mais même si nous n’avons pas été agressés physiquement, nous sommes choqués et traumatisés par cet événement. Ce fut un véritable calvaire », poursuit la Française d’une voix tremblante. Les indications disponibles tendent à confirmer que ces cambrioleurs ont placé la villa de ces expatriés sous surveillance avant de commettre leur forfait. « Nous présumons qu’ils ont attendu qu’on termine notre dîner avant de lancer l’assaut. Et comme nous nous trouvions dans la maison et que celle-ci était ouverte, ils étaient certains que l’alarme n’était pas activée », tente d’expliquer cette mère qui ne s’attendait pas à vivre une telle expérience quand sa famille s’est installée à Maurice il y a environ un an.
Entre-temps, les enquêtes sur ces cambriolages en série attribués au « gang des encagoulés » se poursuivent, la police intensifiant ces déploiements sur le terrain en vue d’appréhender les suspects.
À la mi-journée, une escouade de la CID en collaboration avec d’autres unités de la police s’apprêtait à « travailler sur certaines informations » concernant la région de Belle-Terre à la suite d’indications obtenues. Toutefois, les responsables de l’enquête ont préféré dans la conjoncture ne pas divulguer la teneur de ces informations nécessitant des vérifications. Par ailleurs, des sources aux Casernes centrales affirment que les zones à risques, dont les commerces de la capitale, sont placées sous haute surveillance policière avec le soutien des chiens renifleurs.