Quelque 75 bouteilles de sang récoltées. Tel est le bilan d’une collecte organisée dimanche dernier par l’Organisation sociale de Camp-Diable. C’est la huitième année consécutive qu’une telle campagne de sensibilisation à la santé est organisée dans ce petit village du sud-est, situé sur la route reliant le village de Britannia à celui de l’Escalier.
« La communauté de Camp-Diable a répondu avec enthousiasme à l’appel de l’Organisation sociale de Camp-Diable (OSCD) pour venir faire don de leur sang ! Nous en avons récolté 75 pintes », s’est félicité le président et porte-parole de l’OSCD, Amine Bhola. « Notre organisation n’est pas restée insensible à cet appel pressant de la Banque de sang disant qu’elle était à court de sang et qu’elle avait un besoin pressant du précieux liquide pour sauver des vies ! », ajoute-t-il.
C’est ainsi qu’une semaine auparavant, l’OSCD en collaboration avec la Banque de sang, a commencé à faire campagne pour sensibiliser les villageois à la nécessité de venir faire don de leur sang. « Il y a ceux parmi les habitant de Camp-Diable qui font régulièrement don de leur sang ; mais le défi consistait à inciter ceux qui ne viennent jamais à le faire », précise le président de l’OSCD.
Selon Amine Bhola, les membres de l’organisation ont fait du porte-à-porte une semaine durant pour sensibiliser les villageois à cette urgence de faire don de leur sang. « Nous avons en outre placardé des affiches un peu partout dans le village. Personne ne pouvait prétendre qu’il n’était pas au courant que le van de la Banque de sang allait être dans le village ce dimanche ! », taquine-t-il.
Amine Bhola se dit d’autant plus fier de cet événement qu’il aura observé que les habitants de Camp-Diable, toutes les communautés confondues, se sont montrés solidaires. « Dès 8 heures le matin, les gens ont commencé à affluer et cela jusqu’à vers 13 heures. Nous ne pouvons que nous réjouir de l’enthousiasme avec lequel ils sont venus nombreux donner leur sang ; certains ayant même attendu de longues minutes », élabore-t-il.
Le président de l’OSCD souligne la contribution de la compagnie Omnicane qui a soutenu cette initiative en faisant don de rafraîchissements pour les donneurs de sang. « Nous ne sommes qu’une organisation communautaire et nous n’avons pas beaucoup de moyens ; sans cette contribution d’Omnicane, les donneurs seraient repartis sans rien à boire après avoir fait don de leur sang, ce qui serait assez triste », précise-t-il.
Cette collecte de sang est la toute dernière des activités de l’OSCD. Cette organisation a été fondée en 2008 par certains habitants du village en réponse aux défis qui se posaient à cette communauté.
« Notre but est non seulement de fédérer toute la communauté de Camp-Diable, mais également leur permettre de faire une réflexion sérieuse sur leur état de santé et sur les fléaux sociaux qui nous guettent », explique Amine Bhola.
En effet, à Camp-Diable et ses environs, selon le président de l’OSCD, la drogue et la pauvreté sont les deux problèmes qui minent la paix sociale. « Et comme le problème de la drogue est avant tout un problème de santé, nous avons voulu commencer par là, afin que les habitants, et surtout les jeunes, prennent conscience de l’importance de leur santé », indique notre interlocuteur.
Selon Amine Bhola, c’est seulement quand les gens commencent à prendre conscience de leur place dans la société, se sentent partie prenante de cette société, qu’ils acceptent de se montrer solidaires aux autres dans un combat pour faire reculer les fléaux sociaux. « Jusqu’ici, Camp-Diable est un paisible village. Nous n’allons pas attendre que la situation dégénère et commencer à avoir des crimes crapuleux pour agir. Personne n’est à l’abri des horreurs que nous voyons dans d’autres localités du pays », explique-t-il.
« En fédérant les villageois autour de cette idée de lutter ensemble pour préserver leur santé, nous espérons pouvoir les mobiliser pour lutter contre la drogue — une menace à la santé publique — et la pauvreté — une menace à la paix sociale », précise le président de l’OSCD.
« Après dimanche, nous allons continuer ce travail de sensibilisation », promet-t-il. « Si la journée de dimanche s’avère un franc succès — ce dont nous n’avons aucun doute, eu égard à la collaboration déjà acquise de tous — nous aimerions voir une telle initiative se répliquer dans d’autres endroits de Maurice, où les citoyens se mettront debout sur leurs propres pieds pour défendre leur santé et la paix dans leur localité », élabore-t-il.