Plusieurs familles de Camp Firinga, Pointe-aux-Sables, durement touchées par les inondations du 30 mars dernier, espèrent que les autorités leur octroieront un bon d’achat afin qu’elles puissent racheter du mobilier et de l’électroménager. La montée des eaux ce jour-là, a touché plusieurs maisonnettes, la plupart en tôle et en bois.
Selon les habitants, ils n’ont bénéficié que de Rs 140 d’aide du ministère de la Sécurité sociale, accordée en cas de catastrophes naturelles. Mais cette somme est insuffisante, disent-ils, pour couvrir les pertes encourues — meubles, réfrigérateurs, armoires et lits abîmés par les eaux boueuses.
Ces familles de Camp Firinga, qui pour la plupart vivent dans des conditions de pauvreté dans des maisons en tôle, souvent encombrées et en surnombre et où des enfants sont obligés de dormir à même le sol, n’ont que le strict minimum pour vivre. La plupart de leurs effets personnels, si difficilement acquis pour certains, ont été abîmés lors des flash floods, qui ont surpris la nation entière le samedi 30 mars. « Tou mo kiksoz inn fini, lili defonse, larmwar pe depaye. Tou manze inn ale. Si mo pa ti la zour inondasion, mo zanfan ti pou nwaye », témoigne Stéphanie. Un canal à proximité du Camp Firinga a débordé et les eaux ont vite envahi les cours terreux, puis les maisons.
Le Mauricien s’y est rendu pour un constat. Les habitants nous racontent leur désespoir et leur inquiétude. Notre venue dans la région représente pour eux une sorte de lueur d’espoir afin de faire connaître aux autorités leur situation. « Nou le bann-la (NdlR : les autorités) kone ki pe ariv nou », disent-ils. Stevenson a dû se débarrasser de son lit et des meubles qui ne servent désormais plus à rien. « Tout zafer inn gate, matela, larmwar, Linz ankor mouye », explique-t-il. À côté, chez les Meunier, la modeste maison a quasiment été vidée de ses objets, dont des meubles et des lits. Du lit, il ne reste que le matelas qu’ils doivent poser sur le sol pour une mère et sa fillette. Même scénario pour la famille Labonne et Lamoureux. « Delo inn ariv ziska poto », affirme Mme Lamoureux, qui dit attendre depuis pratiquement cinq ans l’aide du Trust Fund qui lui permettrait d’acheter des feuilles de tôle et du bois pour reconstruire sa maison.
Le jour des inondations, les habitants racontent qu’ils ont sollicité l’aide des pompiers et de la Police de la région, mais personne n’est venu, disent-ils. La cour de Sybille a été littéralement transformé en piscine avec l’eau dépassant les genoux. Les résidents de cette cour ont dû se rendre au centre de refuge de Vallijee où ils sont restés durant trois jours. Marie-Noelle Babin dont la maison à Vallée-Pitot a été saisie, confie qu’elle possède peu d’effets personnels. Cette mère vit avec ses trois enfants et son petit enfant dans une bicoque en tôle et en bois que lui aurait gentiment cédé une personne.
Dans certaines cours, l’eau boueuse est toujours stagnante. Dans une d’entre elles, des enfants en bas âge, amusés, courent pieds nus et pataugent dans cette boue. Les habitants disent craindre la prolifération de moustiques et de maladies qui y sont associées. Des bestioles pullulent dans ces mares d’eau et les risques sanitaires sont réels.
Seules des associations charitables telles que Caritas, des groupements religieux et de la Paroisse ont fait des dons, disent-ils. « Ces aides ne vont pas suffire pour que nous puissions nous remettre de ces inondations », affirment les résidents de Camp Firinga; Se sentant oubliés, ils déplorent que « toute l’attention est concentrée sur Canal Dayot »,  alors que Camp Firinga a également été touché. Ils en appellent au gouvernement, aux députés, et aux élus. Ils réclament un bon d’achat du gouvernement, comme cela a été initié pour des familles victimes des inondations.