Une centaine d’enfants, bénéficiant du programme d’encadrement de la Fondation pour l’interculturel et la paix (FIP), et ceux du quartier étaient présents au Centre de l’Unité, à Camp-Levieux, samedi dernier pour une rencontre avec Jean-Marie Leclézio, prix Nobel de littérature 2008 et cofondateur de la FIP avec le linguiste mauricien Issa Asgarally. C’était l’occasion pour les enfants de dévoiler leurs talents d’écriture et d’art à M. Leclézio. Des talents qui se sont éclos au sein de divers ateliers d’écriture et de dessin de la FIP. JMG Leclézio a aussi procédé à une distribution de livres d’images, de lecture et de littérature ainsi que de dictionnaires aux enfants présents.
C’est dans une ambiance festive que les enfants, visiblement heureux, se sont réunis ce samedi après-midi dans la grande salle du centre de l’Unité. À tour de rôle, malgré le brouhaha incessant, les plus assidus, même les plus timides, ont rassemblé leur courage et ont lu leur texte devant leur hôte, qui a fait le déplacement spécialement pour eux, et devant leurs amis venus de Bambous, Gros-Cailloux et de la localité. Le regard pétillant, ils semblaient attendre avec impatience ses commentaires sur le progrès réalisé, alors que d’autres s’impatientaient de recevoir des livres, dont la distribution ne devait pas tarder, ou encore les petits gâteaux commandés dans le cadre de cette rencontre. Après la distribution de livres à un premier groupe d’enfants, ceux-ci ont été repartis dans les ateliers de leur choix : écriture ou peinture.
Dans un premier temps, Jean-Marie Leclézio s’est joint au groupe littéraire de Bambous pour un échange avec ceux qui ont lu leur texte auparavant. Il a lu attentivement la copie des uns et des autres, qui ont élaboré, à leur façon, poésies ou nouvelles sur la mer. Au-delà de la qualité orthographique et grammaticale des textes, les enfants ont réussi à exprimer leurs impressions sur les thèmes proposés. Un jeune garçon a ainsi proposé un texte en italien accompagné de sa traduction française. Ce qui amena Jean Marie Leclézio à dire : « C’est cela l’interculturel. » Le prix Nobel de littérature a dit son appréciation devant la qualité des textes, formulant même l’idée de compiler un recueil à partir des textes et des images peintes par les enfants de l’atelier de peinture pour les illustrer. « Il y a des auteurs qui vous ont inspirés ? » a-t-il demandé, en tenant en main le texte de Yolaine Fanchon, élève en Form V au Swami Vivekananda SSS de Bambous. « Non, c’est de mon imagination », a répondu celle-ci. Yolaine Fanchon s’est jointe à l’atelier d’écriture de Bambous il y a deux ans. « C’est ma belle-soeur qui m’en avait parlé. Et comme j’aime raconter des histoires, j’ai intégré l’atelier d’écriture. Je fais aussi fait danse et musique », affirme-t-elle. Comme les autres enfants, elle trouve dans ces ateliers une occasion de découvrir beaucoup de choses et de se faire des amis. « Ils nous font découvrir des choses magnifiques », déclare Anastasia Batour. Sentiments partagés par Sylvia Simonet et Bradley Allas, tous élèves en CPE à la New Bambous GS.
Au Mauricien, l’animateur de l’atelier d’écriture, Amarnath Hosany, auteur de littérature pour la jeunesse, explique que son rôle consiste à susciter l’imaginaire des enfants pour faire avancer leur histoire. « Je les aide ensuite à structurer l’histoire », affirme-t-il. M. Hosany note qu’il encourage les enfants à lire pour acquérir du vocabulaire. « Cela les aide à trouver des mots pour s’exprimer », soutient-il, précisant que l’atelier de poésie est animé par l’écrivain et poète Sedley Assonne.
L’atelier d’art est animé par Chow Fee Chung Yan Shen, étudiante en 3e année de Beaux-Arts au Mahatma Gandhi Institute (MGI). Elle s’est jointe au projet il y a un an et travaille avec les enfants de Camp-Levieux depuis trois mois. Elle dit constater avec beaucoup de plaisir l’évolution de ces enfants. C’est avec fierté que ces mêmes enfants montrent
leurs travaux communs à JMG Leclézio. Toutes les semaines, cette heure d’atelier d’art est un pur moment de liberté où les enfants et les jeunes dessinent ou peignent ce qu’ils souhaitent.
Ce jour-là, sur une table installée près de la fenêtre, un groupe de petits, âgés d’environ quatre ans, dessinent consciencieusement. Ni la présence de JMG Leclézio, ni celle de leurs animatrices ou des journalistes ne les perturbent. Penchés sur leur papier, crayons de couleurs en main, ils relèvent la tête seulement pour voir si les formes dessinées reflètent ce qu’ils imaginaient avant de continuer. Les ateliers et les échanges se sont poursuivis dans une belle ambiance, qui a pris fin avec une distribution de gâteaux et de boissons aux enfants. Certains n’ont pas tardé à se rendre dans le jardin pour jouer alors que d’autres, curieux de voir ce que cachent leurs nouveaux livres, se sont posés à même le sol, sur les marches, pour les découvrir.