Le vendredi 26 février 2016 restera à jamais gravé dans l’esprit des membres de la famille Rughoobin, habitant Montagne-Goyaves, Camp-de-Masque. Dans le pire des cauchemars, ils n’avaient imaginé un tel scénario. Chacun à sa façon continue à vivre avec le cruel traumatisme de perdre sur un coup du sort fatidique deux proches, Reshma Rughoobin, 54 ans, la grand-mère qui était encore pleine de vie, et Yeshna Rughoobin, 14 ans, qui avait avenir tout son devant elle. Elles sont tombées sous les coups acharnés d’un adolescent, aveuglé par une passion indescriptible et qui avait voulu mettre fin à ses jours après avoir commis son forfait. Le seul et unique espoir de la famille repose sur le jeune Tushal Rughoobin, âgé de 11 ans, qui a eu la présence d’esprit d’affronter le meurtrier présumé, un voisin, âgé de 17 ans, en jouant le mort. Une semaine après ces moments dramatiques, la famille Rughoobin tente de panser ses profondes blessures. Mais ce n’est nullement facile. Presque inconsolable, Suresh Rughoobin, qui a perdu son épouse et compagne das la vie au cours de ces quarante dernières années, ne cesse de d’imaginer la scène avec Reshma tentant désespéremment d’échapper à la folie meurtrière du suspect, qui avait cru pouvoir se cacher subséquemmeent dans un matelas, découpé avec une des trois armes tranchantes sur lui.
Satyaveer Rughoobin, 19 ans, le cousin de Yeshna et Tushal, est le premier membre de cette famille à avoir vu la dépouille ensanglantée de la jeune fille le jour du drame et ce, avant l’arrivée de la police. Il ne cesse de revoir la scène horrible qui s’est offerte à ses yeux quand il est arrivé sur les lieux du crime ce vendredi fatidique. Averti par les voisins des deux victimes après que le petit Tushal eut été conduit à l’hôpital, le jeune homme, plus connu par ses proches sous le nom de Pawan, s’est immédiatement rendu à leur domicile, où il est tombé sur le corps de Yeshna.
Il raconte. “Létan mo arrive sur place, mo trouve latet Yeshna apiyé ar miray, plein disan lor macadam. Premier zafer mo’nn fer, mo’nn rentre dans lacaze pou prend enn serviette, lerla mo’nn zette lors li et mo finn essaye leve li pou amenn li l’hopital. Mo pa finn kapav”. Il ajoute avoir composé le 999, sans succès, et a ensuite pris son van pour se rendre au poste de police de Camp de Masque.
Entre-temps, il devait demander à l’un de ses amis d’avertir les parents de l’adolescente. Ces derniers, par ailleurs, racontent que juste avant de prendre conscience de la tragédie, des amis, qui sont également en Australie et dont les proches sont aussi domiciliés à Camp de Masque, leur avait indiqué “ki finn arrive enn grave problem et téléphone lacaze”, sans leur donner plus de détails.
À ce moment-là, Ravi avait en premier lieu tenté de joindre sa mère, Reshma, conscient que ses enfants avaient été à l’école. Cette dernière étant restée injoignable, il aurait alors tenté d’avoir Yeshna au téléphone, en vain. C’est ainsi que Vick, le mari d’Asha, a finalement eu un proche de la famille au téléphone, qui lui a relaté les faits. Ils sont alors rentrés à Maurice, samedi le 27 février, pour rendre un dernier hommage aux deux victimes.
 Suresh Rughoobin, l’époux de Reshma et grand-père de Yeshna, tentait de se montrer courageux durant les heures ayant suivi les funérailles de ses proches samedi dernier. Déterminé à connaître toute la vérité sur la folie meurtrière de Tavish Ausman et soutenu par ses proches, il a fouillé de fond en comble sa maison pour prélever les indices que le présumé meurtrier avait laissées derrière lui avant d’être conduit à l’hôpital le jour du drame.
Résultat : il devait découvrir, avec effroi, que le suspect avait cherché par tous les moyens de se cacher pour ne pas se faire répérer par les enquêteurs qui se trouvaient à l’intérieur de son domicile. “Li fine coupe mo matelas, li ti pé essaye ouvert li pou li rentre ladan. Mo mette n’importe ki au défi prouve moi le contraire. Mo ti dans mo lasam jeudi soir, mo matelas pas ti dans sa l’état-la !” insistait Suresh mercredi après-midi, en présence de ses fils Ravi et Veer, de sa fille Asha et d’autres proches qui étaient rentrés d’urgence d’Australie samedi pour assister aux funérailles des défuntes.
L’autre élement révélateur confirmant la thèse que son épouse avait tout tenté pour échapper aux mains de son bourreau. Selon Suresh, la serrure de la porte de sa chambre à coucher “était en bon état jeudi soir — soit la veille du drame —, mais cela fait trois jours qu’elle ne marche plus. Selon moi, ma femme avait voulu à tout prix sortir de la chambre pour chercher du secours pendant que le meurtrier faisait de la résistance”.
Veer pense que sa mère, qu’elle connaissait brave et courageuse, s’est acharnée sur son agresseur pour se défendre et aurait tenté d’appeler à l’aide de la fenêtre de la chambre où s’est produit le drame. “Mo mama enn bon dimoune mais mo sir ki li pa finn céder létan li pé trouve la mort en face. Li finn essaye sauvé pou rode secours.” “Les traces de sang sur la fenêtre en témoignent”.