Pendant une semaine, les enfants de l’association T1 Diams ont participé au 4e camp diabétique de l’association. Cette activité annuelle revêt une importance particulière dans l’encadrement des enfants diabétiques de type 1. Ils y apprennent la socialisation, et surtout, à vivre avec la maladie dans des conditions de tous les jours.
Il n’est pas toujours facile d’apprendre qu’on a le diabète, surtout lorsqu’on est encore jeune. Réorganiser sa vie, surmonter les difficultés émotives, faire le suivi médical devient alors indispensable. L’organisation non gouvernementale (ONG) T1 Diams offre une éducation thérapeutique pour aider les diabétiques de type 1 à s’adapter à leur nouvelle situation au quotidien. Le camp diabétique annuel s’inscrit dans cette perspective.
Repousser les limites.
La quatrième édition du camp a réuni une soixantaine de participants au Collège de Lorette de Mahébourg la semaine dernière. « Ici, ils vivent dans des conditions plus difficiles. Nous leur apprenons à repousser les limites », explique Yavin Coopan, responsable de la communication de l’ONG.
Il faut savoir que le diabète de type 1 touche surtout les enfants, les adolescents et les jeunes adultes. Il se traduit en un manque d’insuline, nécessaire pour l’absorption du sucre dans les cellules. Pour compenser ce manque, le diabétique de type 1 s’injecte de l’insuline. Il doit également surveiller sa glycémie – taux de sucre dans le sang – pour éviter des complications. Tout ceci se conjugue avec un régime nutritionnel, tandis que l’effort physique est ménagé.
Mais en société, il n’est pas toujours évident d’avoir une vie ainsi conditionnée. D’où la nécessité d’apprendre aux diabétiques de type 1 à vivre avec les contraintes. « Que se passe-t-il un jour s’ils doivent se rendre à un dîner où il n’y a pas le type de nourriture généralement recommandée ? »
Donner les moyens.
Ainsi, au camp, le jeune apprend à manger de tout et à faire des efforts physiques, tout en contrôlant sa glycémie. « Notre philosophie est de donner les moyens aux jeunes pour qu’ils puissent vivre normalement ».
L’autre aspect est la socialisation. Les membres de l’ONG viennent des quatre coins de l’île ainsi que de Rodrigues. Le camp est pour eux l’occasion de se rencontrer et de tisser des liens. « Avec leurs contraintes, souvent, les diabétiques de type 1 sont exclus en société. Ils se sentent différents ; ils ont des besoins différents. Ils finissent par développer des complexes et sont stressés. Le stress en retour provoque des hypoglycémies ou des hyperglycémies, qui sont respectivement un taux de sucre inférieur ou supérieur dans le sang ».
Autant dire donc que ce camp diabétique donne les armes aux jeunes pour s’adapter à la vie de tous les jours. Ce qui mène Martine Lassémillante, directrice de T1 Diams, à dire qu’il aurait fallu plusieurs camps similaires au cours de l’année. Malheureusement, les finances ne le permettent pas. « Nous aurions également aimé pouvoir offrir des moments de détente aux parents, car ils se donnent beaucoup pour suivre leurs enfants ».
Collaboration.
Martine Lassémillante affirme ainsi que les projets sont bloqués pour le moment, car avec les nouveaux règlements du programme Corporate Social Responsibility (CSR), l’ONG ne sait plus dans quel milieu elle se situe. Elle souhaite que des solutions soient vite trouvées.
Entre-temps, T1 Diams peut compter sur la collaboration d’autres partenaires. Alors que le ministère de la Santé apporte son soutien pour le suivi médical, l’association ACSÉA est venue animer des ateliers artistiques. T1 Diams a aussi accueilli le Dr David Seagal de l’Afrique du Sud, venu partager son expérience avec l’ONG. Il a animé des sessions de formation à l’intention du personnel de T1 Diams, ainsi que des parents.