À la mi-journée, huit formations politiques se sont fait officiellement enregistrer à la Commission électorale en vue des prochaines élections générales du 10 décembre. D’ici à vendredi après-midi, le mouvement au QG de la Commission électorale ira crescendo car cette étape est considérée comme étant obligatoire dans les procédures établies sous les National Assembly Elections Regulations, 2014. Selon les indications officielles de ce matin, l’Alliance de l’Unité et de la Modernité, du PTr et du MMM, a déjà pris rendez-vous pour demain en fin de matinée. De leur côté, les dirigeants de l’Alliance Lepep, qui se réunissent cet après-midi pour passer en revue l’évolution de la campagne électorale sur le terrain, décideront d’un commun accord du jour où ils se rendront à la Commission électorale pour les besoins de l’enregistrement. D’autre part, un Warning Order National Assembly General Elections, signé du commissaire de police Dhun Iswur Rampersad, détaillant le déploiement des forces de l’ordre sur le terrain pour la campagne électorale, est mis en application à partir de cette semaine.
Dès 9h15 ce matin, soit bien avant l’heure prévue pour le démarrage de l’exercice d’enregistrement des partis, des délégations faisaient déjà la queue, à l’instar des représentants du Front Solidarité Mauricienne de Cehl Meeah, de Rezistans ek Alternativ, de Lalit et du Mouvement Mauricien Social Démocrate (MMSD) d’Eric Guimbeau.
L’avantage d’un enregistrement à la première heure se situe au niveau du choix du symbole figurant sur le bulletin de vote à côté des noms des candidats. Ceux qui se sont enregistrés au tout début n’ont en effet aucune contrainte car toute la gamme proposée par la Commission est encore intacte. Mais au fil des jours, des contraintes dans le choix pourraient se faire sentir.
Ainsi, pour les élections générales du 10 décembre, le premier parti à se faire enregistrer est le Mouvement pour la Libération du Peuple, qui n’en est pas à sa première participation à des élections. Les dirigeants de ce parti, Devanand Mannick, Nizam Bhai et Sudesh Govind, posant fièrement avec l’emblème choisi, en l’occurrence un homme, affirment que le but de leur parti est de présenter au moins un candidat dans chaque circonscription et, si le besoin s’en fait sentir, un maximum de 60.
« Notre parti est en faveur d’un regroupement des partis, présentés comme petits, pour affronter les deux principaux blocs traditionnels. Nous souhaitons que notre appel lancé il y a environ deux mois soit entendu par ceux concernés et que ce front soit constitué maintenant que le Nomination Day est derrière la porte », déclare Nizam Bhai avant de soumettre ses documents à la Commission électorale.
À côté, les représentants du Front Solidarité Mauricien (FSM) de Cehl Meeah – en l’occurrence Baboo Awotar, Mirbel Nelson et A. R. Damree, le secrétaire général du parti – attendent avec patience leur tour. Ce parti compte présenter 60 candidats dans les 20 circonscriptions. Toutefois, la priorité immédiate des dirigeants du FSM demeure le coup d’envoi de la campagne, demain, à Port-Louis, avec un défilé dans les régions où le parti peut compter sur un “bank vote” non-négligeable.
Les deux frères ennemis de la gauche, soit Rezistans ek Alternativ et Lalit, sont assis presque côte à côte sur les bancs installés dans un des couloirs de la Commission électorale. Rezistans ek Alternativ, dont le symbole est un papillon, compte se faire représenter en proposant un candidat par circonscription. C’est ce que confirme Veena Dholah avec, à ses côtés, Stéphane Gua. Il va sans dire qu’aucun des 20 candidats de Rezistans ek Alternativ ne déclarera leur appartenance communale sur les Nomination Forms lors du dépôt de candidatures le 24 courant.
Alain Ah Vee et Radha Kistnassamy ont fait le déplacement à la Commission électorale pour le compte de Lalit qui, par le biais d’une campagne d’affiches, soutient que le moment est venu pour lui d’être représenté à l’Assemblée nationale. Lalit comptera au moins un candidat par circonscription avec un maximum de trois dans des zones stratégiques. Lalit compte présenter ses candidats lors d’un point de presse demain matin.
Eric Guimbeau, leader du MMSD, accompagnée de la secrétaire du parti, le Dr Jagastsing, affirme en arrivant à la Commission électorale que « nous allons seuls aux élections avec l’électorat ». Le MMSD s’est fixé comme objectif de dresser une liste de 20 candidats pour le scrutin du 10 décembre. « Aujourd’hui, nous sommes arrivés à 15, mais il nous reste encore quelques jours pour compléter le nombre. Nous sommes à la recherche de vrais patriotes, qui ont à coeur l’intérêt de l’électorat mauricien », fait-il comprendre.
Il y a également des One-Man Party, comme l’Union Patriote Ilois Mauricien, avec son unique candidat, Karl Lamarque, distribuant son programme avec, pour ambition, d’assurer la défense des plaisanciers, des skippers, des pêcheurs, des travailleurs, des consommateurs, des chômeurs, des petits entrepreneurs, des pauvres et des petits planteurs. Ce parti aura un unique candidat en la personne de Karl Lamarque à Savanne/Rivière-Noire (No 14).
Au même chapitre, il y a le Congrès National Mauricien de Parvez Nurwoollah, qui sera candidat à Port-Louis Maritime/Port-Louis Est (No 3). L’homme n’en est pas à sa première expérience électorale, car il a été élu conseiller à la municipalité de Port-Louis du Remake 2000. Le Mauritius Party Rights, avec pour symbole une fleur, sera également de la partie avec des candidats à Port-Louis Sud/Port-Louis Central (No 2) et Port-Louis Maritime/Port-Louis Est. L’enregistrement a repris dans l’après-midi, la clôture étant annoncée pour vendredi.
En parallèle, la force policière est déjà en état d’alerte avec la mise en pratique des Operations Orders pour les élections générales. Des effectifs seront renforcés sur le terrain à partir de vendredi avec le déploiement d’une soixantaine d’hommes supplémentaires par division et une autre étape de renforcement après le Nomination Day.
Des membres de la Special Mobile Force et de la Special Supporing Units seront également engagés dans des opérations de barrages routiers ou autres contrôles pendant toute la durée de la campagne, et même après. La Force Elections Tactical Operations Room (FETOR) sera opérationnelle aux Casernes centrales pour assurer la coordination des opérations et elle sera placée sous la supervision d’un Deputy Commissioner of Police, probablement le DCP Pario Nobin. Aux Casernes centrales, on se dit prêt à relever le défi d’une campagne électorale et d’un scrutin dans l’ordre et la paix…