Le compte à rebours pour les prochaines élections générales anticipées, annoncées pour le mois de novembre, mais sans aucune confirmation officielle, a déjà été enclenché. Les deux principaux blocs politiques, soit l’alliance PTr-MMM, d’une part, et l’Alliance Lepep, constituée du MSM, du PMSD et du Muvman Liberater, d’autre part, sont déjà connus, et les petits partis comme le Front de Solidarité Mauricien (FSM) de Cehl Meeah ou le Mouvement Mauricien Social Démocrate (MMSD) d’Éric Guimbeau, littéralement marginalisés par les manoeuvres de ces blocs bipolaires. Rezistans & Alternativ, dont l’action politique de longue haleine contestant la déclaration obligatoire d’appartenance communale des candidats aux élections générales a débouché sur le chambardement de la configuration politique, maintient sa position qu’il alignera au moins un candidat dans chacune des circonscriptions. D’autres formations, comme le Parti Malin, ne devront pas rater l’occasion pour ajouter au folklore électoral, ne serait-ce que dans des zones localisées.
Avec l’imminence de la dissolution de l’Assemblée nationale annoncée pour le 6 octobre au plus tard, c’est-à-dire dans une dizaine de jours, soit le prologue de la campagne électorale, les états-majors politiques doivent composer avec une équation des plus délicates : l’octroi des investitures et le placement des candidats dans les différentes circonscriptions en vue de maximiser les chances du parti et du candidat.
Force est de constater également que l’alliance PTr-MMM et l’Alliance Lepep de l’opposition vont se livrer à une partie de cache-cache avant de révéler officiellement les 60 candidats de chacun. Du côté de l’alliance gouvernementale, les deux leaders, Navin Ramgoolam pour le Labour et Paul Bérenger pour le MMM, ont abordé la question lors d’une séance de travail jeudi dernier. Les discussions sur les candidats devront reprendre au retour du Premier ministre de son ultime mission officielle à l’étranger de ce présent mandat à Paris et à Londres le prochain week-end.
Du côté de l’Alliance Lepep, suite à la concrétisation officielle de l’accord électoral entre le MSM, le PMSD et le ML sur la base d’une répartition de tickets de 36-24, la direction de ces partis devra se pencher sur les candidats. Même si le PMSD peut se vanter de s’être assuré d’une candidature par circonscription, un arrière-goût amer persiste, Adrien Duval n’étant pas en mesure de s’imposer en tant que candidat à Grand-Baie/Poudre d’Or (N°6).
« Mauricien pur sang »
Dans la conjoncture électorale, les seules certitudes sont que le nombre d’inscrits dans les registres d’électeurs de la Commission électorale sont de 936 975, soit une progression de 61 176 représentant principalement des First Time Voters. Les deux circonscriptions avec le plus grand nombre d’inscrits sont Savanne/Rivière-Noire (N°14) avec 62 524 et Pamplemousses/Triolet (N°5) avec 62 092. La circonscription la moins dense demeure Port-Louis Maritime/Port-Louis Est (N°2) avec 23 112 électeurs, dont 54 à Agaléga qui ont pour centre de vote la Sainte Rita Government School.
L’autre banker est qu’aucune candidature ne sera rejetée le jour du Nomination Day par la Commission électorale pour absence de déclaration d’appartenance communale. L’intérêt sera de confirmer le nombre de candidats, de grands ou petits partis, qui se prévaudront de cette nouvelle disposition de la Constitution pour se déclarer « Mauricien pur sang ». Du côté de Rezistans & Alternativ, la question ne se pose même pas. Au sein de l’Alliance PTr-MMM, le mot d’ordre reste le statu quo, soit l’appartenance communale sur le Nomination Form, avec Michael Sik Yuen changeant de communauté s’il obtient l’investiture. Le leader du MSM, Pravind Jugnauth, indique qu’il compte s’abstenir de déclarer son appartenance communale.
Ci-dessous, un survol de l’enjeu dans chacune des circonscriptions, même si des changements au niveau des candidatures pourront intervenir jusqu’au Nomination Day.