Le PTr songe déjà à des élections générales anticipées. Et le rassemblement du 20 septembre à Kewal Nagar marquant le 115e anniversaire de la naissance de Sir Seewoosagur Ramgoolam sera la première étape de cette marche vers la reconquête du pouvoir, moins d’un an après la débâcle électorale de décembre dernier. En dépit des scandales qui ont secoué la crédibilité des Rouges, dont leur leader Navin Ramgoolam et leurs amis Nandanee Soornack et Dawood Rawat. Qu’à cela ne tienne, le PTr, qui se dit victime d’une vendetta politique, est déterminé à « donner un coup de balai à ce gouvernement dominer qu’est l’Alliance Lepep et qui a trahi la confiance que lui a faite la population le 12 décembre 2014. »
Moins d’un an après avoir été éjecté du pouvoir, le PTr enclenche cette semaine la dernière ligne droite vers le grand rassemblement du 20 septembre à l’occasion du 115e anniversaire de la naissance de SSR, qu’il espère être le rendez-vous central pour se repositionner sur l’échiquier politique avant d’amorcer sa marche pour la reconquête du pouvoir. Pour mobiliser ses troupes, le parti s’attarde sur les actions, ou plutôt, les « inactions », selon lui, du gouvernement depuis neuf mois.
Sa stratégie de reconquête repose sur les dénonciations des promesses non tenues, selon elles, par l’Alliance Lepep, après neuf mois de pouvoir et sur le sentiment d’insatisfaction qui gagne la population devant l’économie qui stagne et la situation de l’emploi qui se dégrade. En espérant que les Mauriciens oublieront les scandales précédents ou épouseront leur croisade selon laquelle l’ancien pouvoir est victime d’une politique revancharde de l’actuel régime.
Les mêmes thèmes pour mobiliser : BAI, emploi et dominer
Et la mayonnaise est en voie de préparation. Le PTr peut nourrir l’espoir de la voir monter si l’on s’en tient à l’ambiance de la réunion de mobilisation au Barthosow Hall à Nouvelle France, dans la circonscription No 11, vendredi. Mais même bien remplie, cette salle moyenne pour une réunion de circonscription ne peut être un indicateur fiable pour dire s’ils sont nombreux au sein de la population pour se laisser séduire par un PTr qui n’a visiblement pas renouvelé ses cadres pour cet exercice de mobilisation, à l’exception du nouveau venu, Rama Valayden, déjà pris en grippe par le Premier ministre, SAJ.
Hormis les élus Shakeel Mohamed – dont le père Yousouf était également présent sur l’estrade – et Ritesh Ramphul, les intervenants étaient soit des candidats battus de la dernière élection (Mireille Martin, Patrick Assirvaden, Arvin Boolell), soit d’anciens ministres rouges (Rajesh Jeetah et Tassarajen Pillay Chedembrun). Ils ont, sans surprise, tous tiré à boulets rouges sur le gouvernement. L’affaire BAI, avec notamment la perte des emplois et la hausse du chômage, et l’aspect dominer ont été au centre des interventions.
Le président du PTr, Patrick Assirvaden a une nouvelle fois promis que dès que le PTr reviendra au pouvoir, une enquête sera ouverte sur la gestion de toute l’affaire BAI par le gouvernement et qu’il y aura une enquête sur les agissements du ministre Roshi Bhadain. Qualifiant l’équipe gouvernementale « d’irresponsable », il a rappelé qu’au contraire, lorsque le PTr était au pouvoir, le pays a progressé. « Nous avons fait des erreurs dans le passé, mais nous les avons reconnus et avons tiré des leçons. Aujourd’hui, nous avons une responsabilité : celle de dire au gouvernement stop et de dénoncer toutes les promesses non tenues, telles que la création d’emploi, la méritocratie, la transparence… Nous devons être présents en grand nombre le 20 septembre pour démontrer que pour nous, le pays passe avant tout », dit-il.
Sébastopol, le détonateur
La présence en grand nombre des partisans rouges à Sébastopol, le 30 août, pour la pose de la première pierre du Kashi Vishwanath Mandir semble ainsi avoir été un détonateur pour le PTr. Le parti mise ainsi sur cet événement inattendu et « le chaos » qui règne, selon ses membres, dans tous les secteurs du pays, pour convaincre les partisans qui les avaient abandonnés en décembre dernier. « Il faut que les 45% de la population et au-delà qui ont choisi l’alliance Lepep réalisent qui sont ceux qui oeuvrent pour le bien-être de la population et qui sont ceux qui travaillent pour leur propres intérêts », disent-ils.
L’accusation de l’aspect « dominer » du gouvernement est venue de Shakeel Mohamed: « Il est clair que le gouvernement mène une politique de vengeance et de frayeur. » S’en prenant par ailleurs au ministre Soodhun, il déplore que ce dernier, contrairement à la promesse des dirigeants de l’alliance Lepep, mêle religion et politique en s’ingérant dans le prix du bétail et le pèlerinage de Hadj. 
« Mo pa per li »
La nouvelle recrue du PTr, Rama Valaden a fait une violente sortie contre le Premier ministre SAJ pour l’accusation de son influence supposé dans les incidents intervenus le week-end dernier dans le sud du pays. En lançant un « mo pa per li », il a exhorté l’assistance à démontrer son intention d’être présent en grand nombre lors d’une manifestation « légale et pacifique » envisagée pour « exprimer ouvertement que la population ne veut plus de ce gouvernement et qu’il est l’heure de partir pour laisser le pays respirer. »  Dans ce contexte, les Rouges prédisent des élections générales anticipées et le mot d’ordre est la mobilisation des troupes derrière leur leader car, selon Arvin Boolell, l’ancien député du No 11, « pouvoir pa pou tardé pou vinn are nou. » Le PTr aurait déjà, selon lui, surmonté ses épreuves et est aujourd’hui en train de grimper les marches de la reconquête. « Nous avons une  responsabilité et nous devons travailler encore plus pour atteindre notre objectif », dit-il.
En attendant, les préparatifs vont bon train pour le rendez-vous de Kewal Nagar du 20 septembre et les partisans rouges s’organisent sur la base des structures au niveau des circonscriptions pour mobiliser…