91 % des Mauriciens sondés ont un avis positif sur la campagne initiée par le Collectif Citoyen Maurice Environnement, qui a fait appel à un cabinet spécialisé et indépendant, Synthèses, pour évaluer l’impact de la campagne « Nou pei bien malade – Gerizon Komans par twa ». Le slogan, lancé en juillet dernier avait, pour rappel, créé une polémique, notamment au sein du gouvernement qui ne voyait pas d’un bon oeil cette campagne, sans compter les tentatives, sous différentes formes, de la boycotter.
La campagne lancée officiellement le 8 juillet dernier est une affiche représentant une radiographie de Maurice pour illustrer son état de santé, soit une île rongée par des problèmes tels que la pollution. Elle a pour slogan « Nou pei bien malade – Gerizon Komans par twa ».
Certains politiciens du bord principal et des proches du GM, gênés par le choix du slogan, sont même montés au créneau — certains publiquement et d’autres non — afin de dénoncer le choix des mots, estimant qu’ils feraient peur aux touristes, mettant ainsi à mal la réputation de Maurice en tant que destination touristique.
Le 17 juillet, la visite de quelques officiers du ministère de l’Environnement à la centrale thermique du groupe Terra à Belle-Vue, un des principaux sponsors de la campagne, a coïncidé avec la polémique en cours. Cependant, du côté du ministère, on s’est tenu d’expliquer qu’il s’agissait de procédures routinières.
Toutefois, le slogan « Nou pei bien malade », tant contesté par certains politiciens, n’a pas suscité le même effet parmi la population. Un sondage réalisé du 23 juillet au 4 août, par téléphone, auprès d’un échantillon de 684 Mauriciens âgés de 15 ans à monter révèle que la campagne a eu un effet positif dans l’ensemble chez 91 % des sondés.
Ces personnes ont été interrogées sur la notoriété du Collectif et de Terra, le souvenir et la mémorisation des publicités et la pertinence du slogan et l’initiative de la campagne. « Pour toute campagne, son évaluation permet aux initiateurs d’identifier si les objectifs ont été atteints. Avec la polémique qui s’en est suivie après le lancement de celle-ci, nous avons voulu en toute humilité évaluer la compréhension du message porté. Les données permettent d’analyser cette campagne de manière objective et transparente. Au niveau du Collectif, cela nous conforte de voir que dans l’ensemble, la quasi-totalité des Mauriciens (87 %) ayant vu, lu et entendu les publicités dans le cadre de cette campagne, pensent que l’objectif de sensibiliser les Mauriciens sur les dangers liés à la pollution de notre environnement et de les inciter à changer de comportement, a été atteint. Le message est passé comme on le souhaitait », notent les membres du Collectif dans un communiqué de presse.
Le Collectif Citoyen Maurice Environnement est composé, pour rappel, de Sébastien Rousset, de FlowerAD, d’Edwige Gufflet, de l’Aventure du Sucre, et d’Aisha Allee-Mosaheb, de Blast Communications. Ils se décrivent comme un groupe d’amis interpellés par la question de l’environnement et qui à travers cette campagne, ont voulu amener des changements positifs de comportement chez les Mauriciens.
La campagne a ainsi recueilli 91 % d’opinions favorables parmi ceux déclarant se souvenir des publicités et 76 % des personnes ayant vu, lu ou entendu ces publicités sont d’avis que le slogan « Nou pei bien malade » est le bon reflet de la situation environnementale du pays. « Nous avions pour objectifs de sensibiliser, dans un premier temps, tous nos concitoyens sur l’état de notre environnement sans pour autant leur faire “peur”. Il est bon de noter que 91 % des Mauriciens sondés ont accueilli favorablement cette démarche et nous ne pouvions pas rêver mieux. Nous voulions cibler cette audience et réveiller les consciences. Nous n’avons pas la prétention de croire que tout le monde adoptera des initiatives plus respectueuses de l’environnement mais nous pensons que cette première phase aura permis à des Mauriciens de commencer une réflexion pour passer du “chacun pour soi au chacun pour tous”, selon la maxime de Joël de Rosnay », renchérissent les membres du Collectif.
Nous notons par ailleurs que 5 % des sondés pensent que la campagne est une mauvaise initiative et que 8 % des personnes interrogées ayant vu, lu ou entendu les publicités, pensent que l’objectif recherché était de déstabiliser le gouvernement. Au sujet de la pertinence du slogan, 17 % pensent que celui-ci exagère notre situation environnementale.