« To G-T, To TA-C ». C’est la campagne lancée ce matin à la Mauritius Tourism Promotion Authority par les ministères du Tourisme, de l’Environnement et des Administrations régionales. Selon Michaël Sik Yuen, ministre du Tourisme, le but consiste à « préserver l’image de Maurice comme une destination saine ». Toute première infraction sera passible d’une amende de Rs 2 000. Les Administrations régionales, souligne le ministre de tutelle Hervé Aimée, dépense près d’un milliard de roupies par an rien que dans le ramassage d’ordures. 
« Le Mauricien ne réalise pas que c’est son argent qui est dépensé. S’il est un peu plus responsable, on peut réduire cette dépense de 20 à 30 % et réaliser autre chose avec cette somme », devait mettre en avant le ministre des Administrations régionales Hervé Aimée lors du lancement de la campagne. Quant aux dépenses de son ministère pour la collecte des déchets vers Mare-Chicose et La Chaumière, endroit où se trouve la Waste Recycling Factory, elles s’élèvent à Rs 506 millions par an. Le nettoyage des lieux publics s’élève à Rs 187 millions.
Le ministre des Administrations régionales a par ailleurs indiqué que les activités de Mare Chicose seront réduites pour aller davantage vers le compostage. Des 414 000 tonnes de déchets enfouis chaque année, selon lui, 325 000 tonnes pourront être utilisées pour le compostage. Hervé Aimée devait toutefois noter qu’au niveau de l’utilisation des sacs en plastique, le problème est encore existant. Le ministre de l’Environnement, Deva Virahsawmy, a dans cette perspective indiqué que des shopping bags durables seront distribués vu qu’il « faut plus de 300 ans au plastique pour qu’il se dégrade ».
Expliquant l’objectif de la campagne qui avait débuté en 2008 mais qui n’a pas connu de suivi, le ministre du Tourisme Michaël Sik Yuen a soutenu qu’« au fil des années, Maurice s’est bâtie une réputation mondiale au niveau de son produit touristique. Il est extrêmement important que nous préservions notre image comme destination saine, surtout à un moment où nous sommes confrontés à une compétition féroce, où il y a la crise économique et que les arrivées en provenance de l’Europe ont diminué ». Il importe, ajoute-t-il, de donner l’envie au touriste de revenir. D’après les sondages, explique-t-il, les touristes mentionnent souvent leur souhait de voir notre île plus propre.
La Police de l’Environnement et la Police du Tourisme, poursuit Michaël Sik Yuen, séviront. Toute première infraction sera passible d’une amende de Rs 2 000 et la deuxième sera de Rs 10 000. Le ministre a lancé un appel aux citoyens d’assumer leurs responsabilités.
Les illegal dumpings seront également sanctionnés. Hervé Aimée a parlé des camions qui ne déposent pas leurs déchets dans les endroits destinés à cet effet. « L’an dernier, nous avons donné des contraventions à huit camions mais il y a plus d’une centaine qui font cela. On ne pourra avoir un policier pour chaque délit. C’est davantage une question de sensibilisation. »
Deva Virahsawmy rappelle que toute infraction concernant l’illegal dumping est passible de Rs 5 000 d’amende la première fois et de Rs 25 000 la deuxième fois sans compter un possible emprisonnement. Le ministre dit être au courant de certains chauffeurs de camion déversant leurs déchets à Mare-aux-Vacoas, à Ébène ou au rond-point de Wooton.
Davantage de poubelles seront disposées dans des endroits publics tels la plage. « Si nous avons affaire à des personnes responsables qui ramassent leurs ordures après un pique-nique », selon Deva Virahsawmy, on réduirait l’insalubrité.
Quant aux poubelles permettant le tri des déchets, elles devraient également, selon Hervé Aimée être disponibles à travers l’île dans un proche avenir. Le ministre des Administrations régionales s’est montré concerné par les hazardous wastes qui non seulement coûtent « Rs 1 million pour être traités » mais peuvent aussi présenter des risques pour la santé. Ces déchets dangereux – produits chimiques utilisés en laboratoire, à l’hôpital etc. – qui représentent environ 1 500 tonnes sont déposés dans des endroits qui deviennent alors à risques. « Nous devons contrôler sérieusement les produits comme les insecticides et pesticides qui arrivent dans notre pays. Kot bizin chase sertin dimoun, bizin chase. »
Deva Virahsawmy a rappelé que Maurice a été classée deuxième dans le monde et première en Afrique par une étude de l’OMS en 2011 concernant la qualité de l’air.
Le ministre de l’Environnement a regretté que des commerçants se débarrassent de leurs boîtes en carton à même la rue dans la capitale. « D’autres prennent la rivière pour une poubelle. Zot zet vie frizider, vie matla. Li pa zoli. Minister netoiye, plant lor la berz, ou vini ou trouv frizider pe riy ar ou. » Il souligne que ces déchets suscitent le chikungunya et la prolifération des rats. 60 000 plantes médicinales seront distribuées cette année « en vue de dissuader le public d’utiliser les médicaments chimiques ».