Le Club M ne disputera pas cette année les éliminatoires de la CAN 2019. Vaincu 2-0 à l’aller au stade Mitsamiouli par les Comores, les protégés de Joe Tshupula ont tenu tête mardi à leur adversaire (1-1) au retour, mais c’était insuffisant pour passer ce cap. Qu’est-ce qui explique ce revers ?
Dans un premier temps, il faut revoir l’historique des matches entre Maurice et les Comores. En 10 confrontations, on note sept victoires mauriciennes, deux matches nuls et un succès comorien. Au-delà de ces chiffres, cela montre que la philosophie comorienne commence à porter ses fruits. En effet, Amir Abdou, l’entraîneur des Coelacanthes, s’est appuyé sur un groupe constitué à 90% d’expatriés pour cette joute. « Il n’y a qu’une infime minorité qui joue en semi-pro », a-t-il laissé entendre à l’issue de la rencontre mardi.
Maurice aussi a fait un rappel des troupes. La question est de savoir si les expatriés ont été efficaces. Si l’on excepte le but de Kevin Bru et le virevoltant Jérémy Villeneuve, les expatriés n’ont pas apporté grand-chose. On a vu que la finition n’est pas le point fort de la sélection mauricienne. Le Club M ne dispose en effet pas d’attaquant pur, se contentant d’ailiers convertis en joueurs de pointe. « C’est vraiment un aspect que nous devrons travailler à l’avenir », avait souligné Joe Tshupula.
Le milieu de terrain, passe encore. Ceux chargés de récupérer le ballon ont fait le boulot, mais la défense a parfois laissé à désirer. En effet, force est de constater que les Comoriens ont en plusieurs occasions pris un malin plaisir à s’immiscer dans une arrière-garde qui a été lente à la réaction.
Au-delà des faits de matches — cartons rouges, occasions ratées —, il faut voir le style de jeu adopté par les Comores. Parfois rugueux, parfois lisses, les Comoriens ont parfaitement exploité les brèches créées dans la défense mauricienne. D’ailleurs, l’ouverture du score, avant le quart d’heure de jeu, sur une mésentente entre Kevin Jean-Louis et Walter St Martin, cristallise cet état de faits.
Mais surtout, les Comoriens se sont imposées grâce à la complémentarité qui existe dans leurs rangs. Selon Amir Abdou, cela fait deux ans que ce groupe travaille ensemble. « En deux ans, nous avons pris de l’ampleur sur le plan collectif. Cela s’est traduit par des résultats contre le Gabon et le Togo », a fait ressortir le sélectionneur comorien.
Maurice, de son côté, a encore du chemin à parcourir…