Une semaine après le triple meurtre commis par le Mauricien Shakti Ramsurrun dans la région d’Aylmer à Ottawa au Canada, l’enquête policière privilégie la piste d’un plan machiavélique et prémédité par l’unique suspect. Une accusation de triple homicide d’Anne-Katherine Powers, 21 ans, de sa mère Louise Leboeuf, 63 ans, et du conjoint de cette dernière, Claude Lévesque, 58 ans, a été logé contre le suspect, qui a comparu une nouvelle fois, jeudi dernier, devant le tribunal. Sa prochaine comparution a été fixée au 13 juillet. Par ailleurs, la sentence maximale pour ce délit est la prison à perpétuité.
Toutefois, après les premiers éléments de l’enquête, la police de cette contrée du Canada approfondit des preuves avec l’idée première que le suspect voulait se débarrasser des cadavres de ses trois victimes avant de prendre la fuite avec son bébé de 15 mois, issu de son mariage avec la jeune Canadienne. En effet, un important témoin, une des premières personnes rencontrées après le meurtre, est venu avec des preuves formelles à ce sujet.
Ce témoin, qui n’est autre qu’une garde-chiourme de la prison de cette région d’Ottawa, a affirmé à la police qu’elle avait croisé le suspect avec le bébé dans l’enceinte du Rivermead Golf Club. Le dénommé Shakti Ramsurrun, qui avait débarqué au Canada en décembre de l’année dernière pour aller rejoindre sa famille, avait été appréhendé à cet endroit précis.
La Prison Officer canadienne soutient que l’une des préoccupations majeures du Mauricien Ramsurrun ce 24 mai était de se débarrasser des traces de ce triple crime odieux. Le quotidien régional du Canada, Le Droit, rapporte dans l’une de ses éditions en fin de semaine qu’« une source digne de confiance a indiqué que Ramsurrun n’avait pas précisément dit à la femme qu’il était passé aux actes, mais qu’il lui avait demandé quoi faire parce qu’il y avait trois corps dans la maison ».
Entre-temps, les voisins des beaux-parents de Shakti Ramsurrun avaient déjà informé la police du drame qui s’était déroulé et le suspect a été interpellé dans le club de golf avoisinant. Un autre indice majeur accréditant la thèse de la préméditation concerne les articles et objets placés dans un minivan dans lequel se trouvait le suspect au moment de son arrestation.
Comme le démontre la photo publiée dans la presse canadienne, le minivan était rempli à ras bord avec des objets personnels du suspect et du bébé prouvant qu’il avait l’intention de fuir la région après avoir agressé à l’arme blanche et de sang-froid ses trois victimes.
Entre-temps, pour les besoins d’enquête, le suspect Ramsurrun a changé d’avocat. Une des premières initiatives de la défense, représentée par Me Joëlle Roy, est de réclamer un changement des lieux où se déroulera le procès avec jury. Elle a soutenu que la publicité donnée autour de ce meurtre pourrait nuire à l’intégrité du procès. Les autorités judiciaires ne se sont toutefois pas encore prononcées à ce sujet.
Pourtant, quand Shakti Ramsurrun avait rencontré Anne-Katherine Powers pour la première fois c’était comme dans un conte de fées. Les deux travaillaient sur un bateau de croisières dans les Caraïbes. Ces deux jeunes avaient bravé quasiment tous les interdits pour se mettre ensemble. La jeune Canadienne avait fait le voyage à l’île Maurice avec ses parents où le mariage avait été célébré. L’épouse devait séjourner longuement à Maurice pour l’accouchement du bébé. Par la suite, Anne-Katherine Powers est rentrée au Canada avec le bébé, le temps des procédures d’émigration pour son jeune époux. Ce qui fut fait en décembre de l’année dernière.
À cette même période, devaient commencer les malheurs de Shakti Ramsurrun avec d’abord des problèmes d’adaptation dans son pays adoptif. Des difficultés d’ordre conjugal sont venues se greffer à cette situation extrêmement difficile. Anne-Katherine Powers devait découvrir que son époux entretenait une liaison avec une Mauricienne.
La presse canadienne avance que « about a month ago, Powers confided to her friends that she planned to divorce her husband. At the time they were both living at her parents’ house.
In an email, Powers told a friend : We are too different. I definitely think he would be better off on his island. »
Compte tenu du fait que Shakti Ramsurrun n’avait nul autre repère au Canada, les beaux-parents devaient consentir de l’héberger dans le sous-sol de leur maison en attendant de trouver mieux. Mais pour les voisins canadiens « cette générosité leur a coûté la vie » ce jeudi 24 mai dernier.