Un an s’est écoulé depuis les inondations à Canal Dayot. Si la vie a depuis repris son cours, les souvenirs du 30 mars 2013 sont, eux, toujours douloureux. Témoignages.
Il y a un an presque jour pour jour, Canal Dayot faisait face, lui aussi, aux terribles inondations. Pour ses habitants, les souvenirs de ce jour tragique sont toujours bien présents. À l’instar de Collet Rajalou, qui confie avoir eu peur lors des grosses averses de la semaine dernière. « Je ne suis pas arrivée à fermer l’oeil. J’avais peur que ce qui s’est produit l’année dernière se répète. J’ai veillé la rivière toute la nuit. D’autant que l’année dernière, on ne s’attendait pas du tout à une telle catastrophe », confie-t-elle.
À l’évocation de ces souvenirs, notre interlocutrice paraît perturbée. « J’ai failli mourir l’année dernière. Si je n’avais pas été alertée par mon frère, je ne serai pas là aujourd’hui. Aujourd’hui, je veux juste oublier tout ça », déclare-t-elle. Son désir le plus cher : que les travaux entrepris à Canal Dayot soit complétés au plus vite. A noter qu’une messe sera organisée dimanche à 10h30 à Canal Dayot en hommage aux victimes du 30 mars 2013.
Michèle Moorghen dit elle aussi être « stressée » dès que la pluie tombe. Cette habitante dit toujours penser à sa mère, décédée d’une crise cardiaque le jour des inondations. « Elle me manque beaucoup », dit-elle.
Elle espère aussi ne jamais avoir à revivre les événements du 30 mars 2013. « J’ai été traumatisé. Ma mère, qui a toujours eu horreur de l’eau, n’a pas tenu le choc. Elle est morte dans nos bras. Je n’ai jamais vu autant de dégâts dans ma vie. J’ai aussi de la peine pour ces gens qui ont tout perdu et qui ont eu à tout recommencer. C’est tellement triste ! Je sais que l’on doit tous mourir, mais pas ainsi », Poursuit Michèle Moorghen. Cette dernière dit aussi avoir une pensée spéciale pour ceux qui, au lendemain des inondations, sont venus soutenir les habitants. « J’ai été vraiment surprise de leur générosité. » Quant aux travaux entrepris depuis, elle ne les estime « pas suffisants ». Sur ce point, elle est rejointe par Sylvette Brutus, qui a perdu son camion, qui est son gagne-pain, l’année dernière. « C’était très difficile au commencement de nous remettre sur pied. La compensation que l’État nous a donnée n’était pas suffisante. J’ai perdu des voitures ainsi qu’un camion. Mais nous avons pu nous en sortir malgré tout », confie-t-elle. Revenant sur le traumatisme des inondations, elle lance : « Chaque fois qu’il pleut, je suis stressée. La présence des policiers n’arrangent pas les choses. Ils nous disent de faire bien attention mais moi, je me rappelle de l’année dernière ! »