Les travaux d’élargissement du Canal Dayot, à Grande-Rivière, ont pris du retard. Ils devaient prendre fin en novembre mais sont en suspens à la suite d’une demande d’injonction de la firme Les Gaz Industriels Ltd, réclamant leur arrêt. Les habitants craignent quant à eux que les travaux ne s’achèvent pas avant la fin d’année, période des pluies diluviennes.
L’élargissement du Canal Dayot, qui a débuté en avril, vise à protéger les riverains des inondations. Ce projet du ministère des Infrastructures publiques cadre avec une série de mesures adoptées après les fortes pluies du 30 mars dans la capitale, qui ont détruit l’intérieur de plusieurs maisons, principalement celles situées à proximité de ce canal. Avec ces travaux, les eaux de la rivière Saint Louis pourront s’écouler librement.
Initialement, le Canal Dayot mesure 6 mètres de large. Nwarang Ltd, contracteur, devait l’élargir à 18 mètres et le creuser sur 4 mètres de profondeur sur une distance de 372 mètres de long. Toutefois, dans une injonction, la firme Les Gaz Industriels Ltd, dont les locaux sont situés sur l’autre berge, a demandé l’arrêt des travaux. Elle reproche au promoteur d’avoir « encroaching and trespassing » une partie de son terrain d’une superficie d’un arpent et de 26 perches, qui longe la rivière Saint Louis.
C’est le 3 avril que Les Gaz Industriels Ltd a relevé la présence de machines sur son terrain et deux jours plus tard, la compagnie a réalisé que les promoteurs du projet démolissaient le mur de séparation entre la rivière Saint Louis et l’enceinte des Gaz Industriels Ltd.
Interrogé au téléphone ce matin, Jerome Commins, directeur général des Gaz Industriels Ltd a indiqué que « des travaux étaient encourus sur le terrain de la compagnie sans le consentement de la firme ».
La compagnie Nwarang Ltd a de son propre chef suspendu les travaux après que Les Gaz Industriels a logé sa motion. Hier après-midi, les ouvriers de cette compagnie dégageaient la terre entassée derrière les locaux de la firme. Bundhoo Nwarang, directeur de la compagnie a déclaré au Mauricien que les travaux ne peuvent avancer tant que l’affaire ne sera pas entendue en cour. « Les travaux sur la berge où se trouve la compagnie industrielle font partie de la deuxième phase. »
Habitants inquiets
Pour les habitants, cette situation inspire de vives inquiétudes. « Nous avons appris que les travaux allaient être suspendus mais aucune communication n’a été faite aux habitants de la région à ce sujet », lancent des mères de famille, rassemblées hier après-midi à côté du site. Elles sont d’avis qu’il faudrait en finir avec ces travaux car « la fin de l’année approche et novembre et de décembre sont les mois de l’année où il pleut le plus. Et en cas de pluies diluviennes, que nous arrivera-t-il ? », s’interrogent-elles. « Devrons-nous revivre le cauchemar du 30 mars ? »
Sandra, mère de deux enfants, revient sur l’engagement du vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques, Anil Bachoo, avant le début des travaux. « Il nous avait donné sa parole que les travaux allaient se faire le plus vite possible. Aujourd’hui, nous sommes terriblement inquiets. » Les habitants de cette localité vont se concerter quant à la marche à suivre.
Bundhoo Nwarang déclare quant à lui que les habitants étaient jusqu’à présent satisfaits de l’avancée des travaux. La berge faisant face à la compagnie Les Gaz Industriels Ltd a été renforcée par des pierres, extraites du canal. « Nous ne pouvons poursuivre tant que nous n’obtenons pas l’autorisation judiciaire », laisse entendre le contracteur.
Rappelons que cette affaire a été appelée deux fois devant la juge en chambre, Nirmala Devat. Elle sera appelée ce vendredi « for disposal », afin de permettre aux deux parties de trouver un accord à l’amiable, au cas contraire l’affaire sera plaidée. L’avoué Dev Boolauky et Me Bala Padayatchy sont les conseillers légaux de la Compagnie Les Gaz Industriels Ltd. Me Girisha Tupsee, avocate, représente le défendeur.