Un gros projet de tout-à-l’égout a démarré dans la région de Camp Chapelon, Pailles et Canal Dayot. Selon la Waste Management Authority (WMA), ceux-ci sont nécessaires pour assainir la situation dans cette région. Sans des mesures appropriées, fait-on comprendre, il y a de gros risques de pollutions et de débordement de fosses septiques en raison de la saturation. Mais pour les habitants de Canal Dayot, le fait que deux gros tuyaux seront installés dans la rivière Saint-Louis fait craindre des obstructions pouvant mener à des débordements. Mais les responsables du projet rassurent : il n’y a aucun risque.
Selon la WMA, ces travaux visent avant tout à pourvoir des facilités de tout-à-l’égout dans la région. Des études par des consultants « hautement qualifiés » ont été réalisées avant sa mise en place. Pour l’heure, dans cette région, les fosses septiques et les « cesspits » sont utilisés pour l’évacuation des déchets. Après traitement à la station de Pailles, ceux-ci sont déversés dans la rivière Saint-Louis. « Le projet actuellement vise justement à empêcher la pollution de la rivière. Un problème d’hygiène pouvant donner lieu à des épidémies peut aussi se poser en raison de la saturation. Avec ce projet, des tuyaux seront installés sur 4,2 km. Une station de traitement sera érigée à GRNO. Elle évacuera les effluents vers la station de Montagne-Jacquot pour traitement », indique la WMA.
Cependant, les habitants de Canal Dayot, avec lesquels une réunion a été organisée au début du mois, émettent des craintes par rapport à ces travaux. Tony Nanette, président des forces vives de la localité, déclare : « Nos maisons ont déjà été fragilisées par les inondations de 2013. Nous craignons que ces travaux de fouilles ne viennent les fragiliser davantage. Qui plus est, nous tenons aussi au patrimoine. Le viaduc est un édifice emblématique de la région que nous voulons préserver. »
Le photographe Bouck Pillay Vythilingum, également membre des forces vives, se dit, lui, inquiet au sujet des deux tuyaux supposés traverser la rivière. « Est-ce que cela ne va pas faire obstruction ? Que se passera-t-il s’il y a de grosses pluies pendant les travaux ? » Ce dernier regrette également que les travaux aient déjà commencé alors qu’on avait promis d’autres discussions avec les habitants.
Mais la WMA veut rassurer les habitants, arguant que des consultants ont été engagés pour élaborer et superviser ce projet. « Les tuyaux seront sous terre et ne causeront en aucun cas des obstructions. De même, le “mainhole” sera “waterproofed”. »
C’est la compagnie Gibbs Mauritius qui a été engagée comme consultante pour ce projet. Les travaux, eux, sont effectués par Sotravic. Adith Gujadhur, responsable du projet chez Gibb, tient lui aussi à rassurer les habitants : « Il y aura des fouilles de 1m50 à 4 à 5m, dépendant de la topographie. Les tuyaux seront sous terre. Il n’y a aucune obstruction. Si on ne fait pas ce projet, à l’avenir, les personnes habitant dans cette région se retrouveront avec un gros problème de pollution car le terrain commence à être saturé. Avec l’installation de ces tuyaux, nous allons également éviter la contamination de la rivière Saint-Louis. »
Concernant les travaux d’excavation, Adith Gujadhur indique que cela se fera par étapes. « Ces travaux sur des tranches se feront sur 18-20 mètres. À chaque fois, les trous seront comblés avant de commencer une nouvelle fouille. Le “contracteur” a reçu des directives pour utiliser des méthodes évitant les vibrations. De même, il y a une assurance tierce en cas de besoin. Par ailleurs, pour chaque section où il faut faire des excavations, l’état des maisons est vérifié. » Ce dernier dit « parfaitement comprendre » les appréhensions des habitants de Canal Dayot, déjà marqués par l’épisode de 2014. « C’est pour cela qu’une équipe de PR a été engagée pour leur donner le maximum d’informations et pour être à l’écoute. »
Cette première phase du projet se terminera en mai 2017. L es travaux dans la région de Canal Dayot dureront 3 à 4 mois. « Le seul inconvénient qui pourrait se poser au cours de cette période est celui de l’accès. L’entrepreneur fera tout de même le nécessaire pour permettre aux habitants de circuler. »
La deuxième phase du projet démarrera, elle, en janvier 2017 et durera deux ans et demi. Il s’agira de raccorder 3 000 maisons au réseau. Les travaux de tout-à-l’égout dans cette région coûteront au total Rs 253 millions.