À hier en début de soirée, Me Yousouf Mohamed, Senior Counsel, ne s’était pas encore remis du choc qu’il a vécu en cours d’après-midi alors qu’il s’était retrouvé immobilisé dans sa voiture, le long de la route Royale, à hauteur du pont Roussel à Canal Dayot. Un autre membre de la famille du ministre du Travail et des Relations industrielles, Me Zakir Mohamed, s’était également retrouvé dans de graves difficultés à quelques mètres plus loin de son père. Ils ont eu la vie saine et sauve grâce à l’intervention rapide et courageuse des volontaires au prix de graves risques pour leur sécurité en raison de la pression de l’eau avec les débordements.
« Je l’ai échappé belle! », ne cessait de répéter Me Yousouf Mohamed à ceux qui lui rendaient visite, hier. Il revenait des Casernes centrales dans le cadre de l’enquête du Central CID sur la compagnie Sunkai Company Limited, impliquée dans des présumées arnaques financières. Bhimla Ramloll a retenu les services de Me Mohamed et de son fils, Me Zakir Mohamed, pour son interrogatoire avec son arrestation, vendredi.
« Je rentrais chez moi dans ma voiture et malgré la pluie diluvienne qui s’abattait sur Port-Louis, je ne m’attendais pas à vivre une expérience aussi traumatisante. A un certain moment, dans les environs du garage Bala, la voiture était bloquée dans un embouteillage. Rien de grave jusque-là », raconte à Week-End Yousouf Mohamed avec des serrements à la gorge.
« Puis, j’ai senti comme si j’étais dans un bateau. Ma voiture flottait littéralement sur le niveau de l’eau qui était monté. La voiture était devenue sans contrôle. D’autres voitures sont venues se cogner contre la mienne. Puis ma voiture a été projetée contre un mur. Pour des raisons de sécurité, j’ai pris la décision de quitter ma voiture. Je suis sorti à l’arrière de ma voiture du coté droit », poursuit Yousouf Mohamed, qui revoit le film de son calvaire à chaque fois qu’il fait état de ces détails.
Mais le point positif qu’il retiendra de ces moments extrêmement pénibles restera la générosité de coeur de ces Mauriciens qui sont accourus, malgré le mauvais temps, pour lui porter secours. « Je ne les connais pas. Je ne les reconnaîtrai pas si, demain, je les croise dans la rue, mais je tiens, à travers Week-End, à leur dire un grand merci pour leur geste spontané en venant se porter à mon secours. C’est bien la preuve que les Mauriciens sont toujours prêts à aider et à porter secours », s’appesantit l’homme de loi.
Toutefois, le drame était loin d’être terminé. A peine quelques mètres plus loin, Me Yousouf Mohamed, encore abasourdi et le regard hagard, aperçoit son fils dans sa voiture quasiment dans la même posture délicate dans laquelle il se trouvait peu de temps avant. Presque sur le champ, ces mêmes personnes transformées en sauveteurs sont parties pour libérer des eaux Me Zakir Mohamed.
Les deux membres de la famille Mohamed prirent la décision de quitter leurs voitures sur les lieux et de rejoindre à pied, de l’autre côté du pont, le ministre Shakeel Mohamed, venu à leur rencontre. Moments difficiles avec la pression de l’eau traversant le tablier du pont Saint-Louis… Me Yousouf Mohamed, complètement accablé, a failli se faire emporter par les eaux alors qu’il traversait le pont.
« Quand je me suis retrouvé dans la voiture de mon fils Shakeel, je n’ai pu que remercier ces Mauriciens. Ils nous ont sauvés la vie. Je me rappellerai de leur geste pour longtemps encore…, » conclut Yousouf Mohamed.