Cinq mois se sont écoulés depuis les inondations du 30 mars qui ont plongé les habitants de Canal Dayot dans la terreur. Et les travaux d’élargissement prévus afin d’éviter qu’un tel drame ne se reproduise, accusent du retard. « Travay-la pou konplete ou pas ? », se demandent les habitants, qui réalisent que la saison des pluies approchent…
Nwarang Ltd, le contracteur des travaux d’élargissement, a dû stopper ses machines en raison d’une demande d’injonction de Gaz industriel Ltd, qui reprochait notamment au promoteur d’avoir « encroaching and trespassing » une partie de son terrain d’une superficie d’un arpent et 26 perches, qui longe la rivière Saint Louis. Mais selon M. Futtoo, ingénieur au ministère des Infrastructures publiques, la demande d’injonction est tombée d’elle-même car les travaux n’étaient pas effectués sur le terrain de Gaz Industriel. Mais cette bonne nouvelle, ne rassure pas pour autant les habitants de Canal Dayot. Car, on leur avait annoncé que les travaux allaient s’achever le 2 septembre. Or, soutiennent-ils, il n’y a pas grand chose qui a été fait jusqu’à présent. « Bann travo-la pou Konplete ou pa ? Eski pou fer ou pa pou fer ? », s’interrogent Ryan, un habitant de cette région. Il dit craindre l’arrivée de la saison des pluies et devoir revivre le même calvaire que celui du 30 mars. « Ena enn ti baraz an ros, kan dilo pou vini, eski sa baraz-la pou tini ? »
Autre source d’inquiétude des habitants : le pont étroit qui relie Canal Dayot à la route principale. Ils se demandent si l’on ne devrait pas l’agrandir pour éviter que l’eau ne déborde en cas de pluies diluviennes et ne paralyse Port-Louis. Ils craignent d’autre part que des roches près de la rivière ne s’effondrent. « Et si les enfants viennent jouer par là ? »
L’ingénieur du ministère des Infrastructures publiques fait ressortir quant à lui que les travaux reprendront la semaine prochaine. Les habitants, eux, espèrent fermement que la première phase s’achèvera comme prévu le 2 septembre.
Cependant certains habitants sont également à blâmer, entre autres, ceux qui ont construit leur maison tout près des berges de la rivière ou ceux qui obstruent le cours d’eau en y jetant leurs détritus.