Le dépistage précoce permet de mieux traiter la maladie

Le cancer, troisième cause de décès à Maurice derrière les maladies cardio-vasculaires et le diabète, a amorcé une légère baisse de 3,3% en 2018 par rapport à 2017. Ce résultat est encourageant, dans la mesure où la tendance mondiale poursuit sa hausse chiffrée à 13% sur les six dernières années.

Le National Cancer Registry rendu public cette semaine montre que 2 380 nouveaux cas de cancer ont été détectés en 2018, dont 959 hommes et 1421 femmes. Comparé à 2017, il y a eu une baisse de 3,3% dans les nouveaux cas, soit 4,5% chez les femmes et 1,4% chez les hommes. En effet, en 2017, 2461 nouveaux cas de cancer avaient été enregistrés, dont 973 hommes et 1488 femmes. Ce sont donc les femmes qui enregistrent le plus grand nombre de cas de cancer avec 32% d’occurrence plus que les hommes. Cette tendance était déjà visible dans les années précédentes et plus marquée encore en 2017 (34% ).

La prostate (hommes) et les seins (femmes) les plus touchés

En ce qui concerne les décès, il y a également une baisse de 2,5% entre l’année 2017 et celle de 2018 avec 35 décès en moins, passant de 1366 à 1331. Pour rappel, des 1263 décès en 2015, le nombre de personnes décédées du cancer est passé en 2016 à 1341 (+5,8% ) et à 1366 en 2017 (+1,8% ). Ce n’est donc qu’en 2018 que la tendance à la baisse s’est amorcée.

En 2018, comparativement à 2017, une baisse de 3,3 % du nombre de cas de cancer a été enregistré à Maurice avec toutefois, le nombre de femmes touchées toujours supérieur que le nombre d’hommes

Par ailleurs, au chapitre des décès, ce sont encore les femmes qui paient le plus lourd tribut à cette maladie avec 3,5% d’occurrence de plus que les hommes, puisqu’en 2018, ce sont 677 femmes qui en sont mortes, alors que les hommes enregistraient un taux de décès de 654 personnes. Quel que soit ce classement, le fait brutal est que trois personnes en moyenne décèdent chaque jour du cancer à Maurice.

Au chapitre des incidences du cancer, la prostate, qui dominait les incidences avec 203 cas chez les hommes en 2017, continue à être la première cause de mortalité chez les hommes en 2018 avec 191 cas. Il est suivi par le colorectal (124), les poumons (65), l’estomac (53), le foie (44) pour les cinq premières causes. Ce sont les cas de cancer indeterminés qui détiennent le plus grand nombre. Chez la femme, ce sont les cancers du sein qui sont les causes les plus importantes de cancer. Certes, ils ont légèrement reculé en 2018 avec 570 cas contre 583 en 2017, mais il demeure de loin l’occurrence la plus marquée avec à eux seuls 30% des cas des cancers chez la femme. À noter que les cancers des ovaires (+42%), et de l’utérus (+8%) et le colorectal (+6%) sont en hausse rapport à 2017.

Un léger recul du nombre de femmes atteintes du cancer du sein est noté en 2018 comparé à 2017 mais ce
type de cancer demeure le plus commun

18,1 millions de nouveaux cancéreux dans le monde

Selon les dernières estimations publiées par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), 18,1 millions de nouveaux cas auraient été diagnostiqués dans le monde en 2018 et 9,6 millions de personnes sont décédées d’un cancer. Ces données, récoltées dans 185 pays, montrent que 23,4% des cas de cancer se concentrent dans le continent européen, 48,4% en Asie, 13,2% en Amérique du Nord, 7,8% en Amérique latine, 5,8% en Afrique et 1,4% en Océanie. En Afrique et en Asie, la mortalité due au cancer est proportionnellement plus importante que dans les autres régions du monde, certainement à cause d’un moins bon accès aux soins, mais aussi parce que l’incidence de cancers au pronostic plus défavorable y est plus importante.

Lors d’une journée de sensibilisation à L’Escalier cette semaine, le Dr Laurent Musango, représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Maurice, a rappelé que la maladie risque de doubler en Afrique, passant d’un million de personnes atteintes en 2018 à 2 millions en 2040. Rien qu’en Afrique, il y a eu une progression de 13%, a-t-il souligné. Et de féliciter Maurice pour les services offerts, dont le vaccin contre le cancer du col de l’utérus. « En revanche, nous avons ici un gros problème d’alcool lié à la maladie », a-t-il ajouté. Maurice est l’un des cinq pays africains, avec le Botswana, le Rwanda, les Seychelles et le Kenya, où l’OMS a reconnu les efforts dans la prévention et la prise en charge.

Le Dr Kailesh Jagutpal a rappelé que n’importe qui peut être concerné. Selon lui, « un bon nombre de cancers peuvent être prévenus si on prend soin de son corps. Il faut aussi adopter un mode de vie sain, en évitant la cigarette, l’abus d’alcool, en faisant des exercices régulièrement, entre autres. Prenez également avantage des tests de dépistage disponibles à l’hôpital, ainsi que du vaccin contre le papillomavirus. »