Hier, dimanche 19, Maurice a commémoré pour la huitième année consécutive le International AIDS Candlelight Memorial. L’événement est observé dans le monde entier depuis 30 ans. Cette année, c’est sur le terrain de foot de Petite Rivière-Noire que s’est tenue l’activité principale marquant l’événement. En présence de quelques personnalités, dont Nicolas Ritter, directeur de PILS et premier Mauricien à avoir admis vivre avec le sida, plusieurs artistes de la région ainsi que des bénévoles ont rendu hommage aux Mauriciens vivant avec le virus.
Chaque troisième dimanche de mai est désormais synonyme de tenue du International AIDS Candlelight Memorial. Pour la huitième année consécutive, Maurice observe cet hommage, rendu pour la première fois par des Américains vivant avec le virus à San Francisco, en 1983.
Présent à chaque commémoration, le directeur de PILS (Prévention, information et lutte contre le sida), Nicolas Ritter, lui-même PVVIH (Personne vivant avec le VIH), et premier Mauricien a l’avoir admis, a axé l’essentiel de son intervention sur la stigmatisation et le facteur humain dans la lutte contre la maladie. « Le thème international du AIDS Candlelight Memorial, cette année, est la solidarité, devait déclarer d’emblée M. Ritter. Nous avons à Maurice une synergie et une solidarité exemplaire entre les partenaires dans la lutte contre le sida : les ONG, l’État, les agences du gouvernement, mais aussi les artistes, le Conseil des Religions… Cependant, ce n’est pas pour autant qu’il nous faut en rester là. Car nous avons un énorme problème latent : celui de la stigmatisation ».
Reprenant l’argument souvent brandi lors de ses sorties publiques, Nicolas Ritter a souligné que « beaucoup trop de malades du sida se laissent mourir ! Nous sommes en 2013 et nous enregistrons encore, hélas, un grand nombre de décès hors des services de santé. Ce n’est pas normal ». Le directeur de PILS a mis l’accent, une fois encore, sur le fait que « à cause de la stigmatisation qui ne recule pas, bon nombre de patients ne viennent pas vers les centres de santé et donc, ne se font pas traiter. Ils préfèrent, parce qu’ils sont pour la plupart de condition très modeste, se laisser mourir… »
La stigmatisation est « notre principal ennemi », devait encore relever Nicolas Ritter, « et le facteur humain est aussi un facteur primordial dans la lutte contre ce virus ! » Rappelant « les avancées importantes réalisées ces dernières années à Maurice », il a affirmé que « nous avons le devoir, tous les partenaires concernés, de tout mettre en oeuvre pour que le facteur humain ait toute sa valeur et sa place de choix dans cette lutte. Sinon, tous nos efforts seront vains. Les progrès et moyens techniques sont importants mais ils ne représentent pas la finalité ».
De son côté, le National Coordinator du AIDS Candlelight Memorial, Danny Philippe, également responsable de l’ONG LEAD, a rappelé dans son allocution que « Maurice est désormais le deuxième pays au monde, après le Nigeria, à commémorer avec autant de ferveur et de participation cet événement qui rend hommage à ceux décédés des causes liées au sida et à ceux qui continuent à vivre avec. »
Que ce soit dans le silence ou en se faisant connaître auprès des ONG et associations s’occupant des PVVIH, a rappelé Danny Philippe, « il est clair que ce n’est pas partout à Maurice que l’information est présente et disponible. Par le biais d’événements comme le Candlelight, nous arrivons à mieux faire passer les messages ».
Le travailleur social devait d’ailleurs expliquer que c’est par le biais de leur “field work” dans la région de Rivière-Noire, entamé il y a trois ans maintenant, qu’un couple de séropositifs est sorti de son silence pour solliciter l’aide des travailleurs sociaux.
Entre 19 h et 21 h 30, hier, sur le terrain de foot de Petite-Rivière-Noire, une foule d’un millier de personnes était présente. Des animations diverses par des artistes connus et moins connus, surtout de la région, ont ponctué l’événement. Parmi les prestations de Panther, Ja Wes, El Passi, Amelia et Jasmine Toulouse, qui auront retenu l’attention, celle de Sandra Pereira, qui a rendu un vibrant hommage aux victimes des inondations meurtrières du 30 mars et des passagers décédés dans l’accident de Sorèze le 03 mai, n’aura pas laissé indifférent.